‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 88 sur 219 · SUR SON ART D'EMBELLIR · texte numérisé non relu

SUR SON ART D'EMBELLIR

Voyant ma Caliste si belle, Que l'on n'y peut rien désirer, Je ne pouvois me figurer Que ce fût chose naturelle.

J'ignorois que ce pou voit être 5

Qui lui coloroit ce beau teint,

XXXII. — Ce sonnet irrégulier se trouve en tête du livre de David de Rivault, seigneur de Flurance, paru en 1608, et intitulé : l'Art d'embelli?', tiré du sens de ce sacré Paradoxe : «. La sagesse de la personne embellit sa face, etc. » Sur ce Flurance et ses ouvrages, voyez Ménage.

1. — On sait que la personne que Malherbe a chantée sous le nom de Caliste, c'est la vicomtesse d'Auchy, qui s'appelait, de son nom de famille, Charlotte Jouvenel des Ursins. On a un certain nombre de lettres de Malherbe qui lui sont adressées; voy. les Œuvres complètes, éd. 1862, tome IV, p. 150 et suivantes.

S et suiv. — D'après Tallemant des Réaux, cette vicomtesse d'Auchy n'avait rien des attraits que lui prête le poète : « Elle n'avait rien de beau que la gorge et le tour du visage. Elle avait un teint

Où l'Aurore même n'atteint, Quand elle commence de naître.

Hais, Fluranee, ton docte écrit

n'ayant fait voir qu'un bel esprit 10

Est la cause d'un beau visage ;

Ce ne m'est plus de nouveauté, Puisqu'elle est parfaitement sage, Qu'elle soit parfaite en beauté.

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