‹ Poésies de Félix ArversChapitre 44 sur 60 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LISETTE, puis ISABELl^.

LISETTE

Qu'il mériterait bien, vrai Dieu ! cette leçon ! Isabelle après tout en vaut bien la façon ; Je n'en répondrais pas : comme dit l'Évangile, D'ailleurs, l'esprit est prompt, et la chair est fragile. On ne plaisante pas avec ces choses-là ; C'est comme une arme à feu, qu'il faut...

ISABELLE, entrant,

Ahl te voilà,, Lisette.

LISETTE

Vous avez l'air tout effarouchée ; Qu'est-ce donc?

ISABELLE

Tu me vois vraiment bien empêchée ;

Pandolphe qui sortait et que j'ai rencontré

Tout à l'heure en venant ici, sur le degré,

M'a touché quelques mots d'un projet qui l'enchante,

Mais qui me peine fort : je ne suis pas méchante.

Et je ne conçois pas qu'on cherche méchamment.

Aux dépens du prochain, son divertissement.

Hier, je me suis prêtée à la plaisanterie

Pour ne paraître pas faire la renchérie.

Et je croyais aussi qu'une fois hors de là,

Il ne serait jamais question de cela ;

Aujourd'hui...

LISETTE

Je sais tout ; j'étais même chargé De vous faire en douceur avaler la dragée.

ISABELLE

Eh bien, Lisette, dis ; que me conseilles-tu ?

LISETTE

Vous n'avez pas besoin d'avis : votre vertu, Madame, selon moi, doit être en cette affaire Le meilleur conseiller de ce qu'il sied de faire.

ISABELLE

C'est qu'il est bien tourné, ce jeune homme, vraiment !

LISETTE

Voire !

ISABELLE

Et qu'il m''a fort bien glissé son compliment.

LISETTE

C'est un homme à ne pas trouver force cruelles, A ce qu'il me paraît ; un héros de ruelles.

ISABELLE

Et voilà ce qui fait le cas embarrassant. Dois-je ainsi me risquer sur ce pavé glissant ? Je refuserais bien, mais je crajns la colère Du seigneur mon époux...

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