SCÈNE VII
ALPHONSE, INÈS, MARIE, amenant les enfaou; ALVARÈS, dans le fond.
INÈS
Voici d'autres victimes!
Frappez, seigneur; par vous condamnés à mourir, D'eux-mêmes dans vos bras ces enfants vont courir.
( Les enfants s*approchcnt d* Alphonse. ) ALPHONSK.
Que vois-je?
INÈS
Vos enfants.
ALPHONSE
Je sqis roi.
INÈS
Soyez père.
ALPHONSE
Moi, fléchir!
INÈS
Immolez les fils, l'époux, la mère; Mais que don Pèdre , Inès , et leur fille , et leurs fils, Dans lé même tombeau soient du moins réunis.
ALt^HONSE.
Alphonse à vos douleurs ne peut être insensible; Mais lorsque la loi parle , il doit être inflexible.
INÈS
Un roi peut faire grâce. Eh quoi ! de votre cœur Rien ne pourra-t-il donc désarmer la rigueur ?
Alphonse, qui du ciel a reçu la couronne, Doit imiter ce ciel , dont la bonté pardonne. La nature a des droits qu'on ne peut démentir; Cédez au cri du sang , aux pleurs du repentir. Et quelle ame jamais n'eut besoin de clémence?
ALPHONSE
Ciel! ces enfants, leurs traits, leur aimable innocence, Excitent dans mes sens...
INÈS
Nos pleurs sont sans pouvoir; Allons, mes chers enfants, nous n'avons plus d'espoir. Seigneur, c'est votre sang qui coule dans leurs veines.
ALPHONSE
Je n'y puis résister.
INÈS
Nos prières sont vaines; Vous, son fils, votre mère, il veut nous condamner: Ce roi si grand sait vaincre, et non point pardonner.
ALPHONSE.'
Viens dans mes bras , Inès !
INÈS
( Elle traverse le théâtre avec ses enfants.)
Devancez votre mère, Mes chers enfants, tombons aux pieds de votre père!
ALPHONSE
Viens, ma fille : avec toi don Pèdre va régner; Attends-nous. De ma main je veux te l'amener. Triomphe : ton amour a vaincu ma justice.