ACTE IV, SCÈNE VI
De ses jours conservés respérance incertaine, L'amour sur votre fils reprit tout son pouvoir. Qu'y pouvais-je opposer ?
ALPHONSE
La loi , votre devoir.
De la séduction cet amour fut la suite.
Le seul péril du prince est ce qui m'a séduite.
Si Rome enfin, pour rompre un hymen solemnel.
Proclamé devant tous, juré devant l'autel.
Devait user, seigneur, d'un droit peut-être injuste,
Don Pèdre à vos sujets peut sembler moins auguste.
ALPHONSE
Don Pèdre, si d'un père il respecte les droits. Paraîtra plus auguste aux yeux de tous les rois. Le peuple ainsi que moi veut voir régner Constance. Disputez-vous le trône à sa haute naissance ?
INÈS
Je ne dois point vanter le sang de mes aïeux; Mais cette reine , objet saint et cher à^ vos yeux , Béatrix, votre épouse, avait, seigneur, un frère : De l'hymen de sa fille il honora mon père.
Quand votre fils pourrait s'arracher de mes bras. Les gages de l'amour n'existeront-ils pas ?
ALPHONSE
Vous avez des enfants ?
INÈS
Auprès de vous leur mère Ose implorer pour eux un appui tutélaire.
ALPHOirS£.
Vos vœux d'un tel succès ne seront point suivis ; Et les enfants d'Inès...
INÈS
Sont ceux de votre fils.
Le prince espérait voir leur naïve tendresse De leur auguste aïeul consoler la vieillesse.
ALPHONSE
Donner d'un tel hymen l'exemple au Portugal ! Il en existe.
ALPHONSE
Un seul; au trône il fut fatal.
INÈS
Sanche était sans vertus. Don Pèdre de son père A le noble courage et le grand caractère.
* L'ambition n'a point égaré mes esprits ; Au péril de mes jours j'ai sauvé votre fils.
Quand un nouvel hymen l'unirait à Constance, De ses premiers enfants quelque jour la naissance De l'état incertain peut troubler l'avenir.
ALPHONSE
Je connais ces dangers ; on peut les prévenir.
La révolte du prince, et vos feux, sont des crimes:
Don Pèdre et vous, Inès....