‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 115 sur 149 · ACTE V, SCENE V. aoi · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. aoi

DON PÈDRE

Oui; l'infâme Alvarès a servi sa fureur. > II a pu sans pitië, sans frémir d'épouvante.

Sur celle que j'aimais porter sa main sanglante! Quel père, quel époux, à ce point outragé, N'élèverait la voix et ne serait vengé, Fût-il pauvre, proscrit, vil rebut de la terre?

ALPHONSE

Mon iGls , si je régnais !

DON PÈDRE

Moi, je règne, mon père.

Près de moi , sur ce trône, aux yeux de ses sujets, Inès pourra confondre et punir'les forfaits.

ALPHONSE

Mon fils, Inès n'est plus! quel trouble affreux t'égare?

DON PÈDRE

Qui pourrait sans pleurer la revoir? quel barbare Ne serait indigné de leur lâche fureur?

Inès excitera la pitié , la terreur.

ALPHONSE

Don Pèdre, calmez-vous, que la raison vous guide.

DON PÈDRE

La raison ! elle seule à mon dessein préside; Je suis calme , seigneur : je sais qu'un sage roi Doit, quel que soit le ran*g, juger suivant la loi. La présence d'Inès est juste et légitime.

La Mort se lèvera pour accuser le crime.

Par un forfait , du trône ils ont cru te priver,

ao2 LA. REINE DE PORTUGAL.

Inès ! mais ce forfait va du moins t'élever A d'insignes honneurs qui vivront d'âge en âge. Les grands vont à tes pieds déposer leur hommage. Alvarès , Blanche ! Inès expira sous vos coups ; Pour moi seul elle est morte, et revivra pour vous : Son cercueil est un trône ; à vos regards présente Elle va dans votre ame apporter l'épouvante.

Quand le feu des rubis, l'éclat des diamants, Relèveront d'Inès les pompeux vêtements, Le peuple vous verra, pour subir votre peine. Tomber, hideux de crime, aux pieds de votre reine. Inès fera parler la justice et la loi.

(A son père en pleurant.)

Elle devait s'asseoir et régner avec moi

Au trône où m'a placé votre main paternelle ;

Moi , je m'y veux asseoir et régner avec elle.

Ils reverront l'objet qu'ils ont tant dédaigné :

Et lorsque sur la terre Inès aura régné.

Elle prendra sa place en ces demeures sombres

Oïl des rois nos aïeux dorment en paix les ombres.

Qu'Inès règne; il est temps. Toi, suis ma volonté, Castro , que par tes soins tout soit exécuté. Va prendre au cœur d'Inès le poignard du coupable... Attends... Oui , que ta main pose sur une table Ce poignard, qui d'un voile ici sera couvert. Va, Castro.

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