‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 116 sur 149 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ALPHONSE, DON PÈDRE

ALPHONSE

Cher don Pèdre, écoute. J'ai souffert Qu'en ses premiers transports s'exhalât ta vengeance : Mais il faut au malheur opposer la constance; Don Pèdre en ce moment doit songer qu'il est roi.

(A nn garde.)

Vous , que Blanche à l'instant se rende auprès de moi,

DON PÈDRB.

Mon père, j'ai juré d'observer la justice.

ALPHONSE

Pour la dernière fois, que mon fils m'obéisse.

DON PÈDRE

Blanche ! Avec Alvarès il faut l'interroger, liCs entendre tous deux , et tous deux les juger. Rentrez , seigneur : le poids du malheur et de l'âge Pourrait à ce moment briser votre courage ; Moi-même, pour juger ce procès solemnel, J'ai besoin de ma force et des secours du ciel : Laissez-moi donc remplir ma triste destinée ; Je dois achever seul cette horrible journée.

ALPHONSE

Blanche a cru voir, mon fils, l'intérêt de l'état. Mais eût-elle en effet commis un attentat ,

ao4 LA REINE DE PORTUGAL.

Si des droits de sa fille elle fut trop jalouse, Songez qu'elle était reine , et qu'elle est mon épouse.

(Alphonse sort, conduit par don Pèdre, et saÎTi de quelques gardes; le reste se Retire.)

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