SAINTE THÉRÈSE
Sainte Thérèse, fille d'Alphonse de Cépède, naquit à Avila , dans la Vieille - Gastille , en 1 5 1 5 , mourut en iSSa, et fut canonisée en i6i5. A l'âge de douze ans, passionnée pour la lecture de la F'ie des Saints ^ elle s*enfiiit avec un de ses frères de la maison paternelle, pour aller trouver chez les Maures la palme du martyre. Un parent, qui les rencontra par hasard, les reconduisit à la maison. '
Dans la même année, elle perdit sa mère; alors elle eut occasion de lire quelques romans, et de se livrer à la dissipation et aux plaisirs du monde. Vers Fâge de quinze à seize ans, eUe écrivit un roman, « sur lequel , » dit Francisco de Ribera , son confesseur, « il y avait beaucoup à dire. » On connaît son mot sur le Démon : « Le malheu- « reux ! il ne saurait aimer. » Le père de Thérèse la mit au monastère du Mont-Carmel, où, retrouvant toute sa ferveur, elle prit l'habit à vingt-un ans , et parvint à introduire la réforme, non-seulement dans le monastère des religieuses, mais dans celui même des religieux.
Thérèse, qui tient son rang parmi les poètes espagnols , Thérèse seule a fait connaître le véritable amour désintéressé. C'est dans ses écrits que Fénelon avait puisé cet amour pur, inconnu de Bossuet, qui, n'ayant pas même lu les ouvrages de sainte Thérèse, parlait à Louis XIV de Fénelon comme d un fanatique. .
a46 POÉSIES ESPAGNOLES.