A JÉSUS CRUCIFIÉ
Pour t'aimer, 6 mon Dieu , me faut-il l'espérance Du ciel que m'a promis ton immense bonté ?
Me faut-il de l'enfer l'avenir redouté, Pour défendre à mon cœur de te faire une offense?
Je ne vois rien que toi. C'est ta longue souffrance, Ton corps percé de clous, suspendu^ tourmenté, Ta croix, ce sang divin sortant de ton coté.
C'est là ce qui me touche, ô Dieu plein de clémence!
Le bonheur de t'aimer a pour moi tant d'appas ,
Que je t'aurais aimé si le ciel n'était pas ;
S'il n'était pas d'enfer, je t'aurais craint de même.
Ce cœur qui te chérit ne veut rien en retour : Dans ta grâce, sans doute, est mon espoir su|)rême; Mais , sans aucun espoir, j'aurais autant d'amour.