‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 131 sur 149 · LOUIS DE LÉON · texte numérisé non relu

LOUIS DE LÉON

Louis db Léon, connu sous le nom de Fray Luis de Léon, fils d'un conseiller de Gastille, naquit à Grenade, en 1627, et mourut en iSgi. Il prit l'habit de religieux dans Tordre de saint Augustin , à Salamanque ; et , devenu habile en hébreu et en grec , il fut nommé professeur de théologie. Ses succès, son amour pour les lettres, lui firent des envieux. Il traduisit fidèlement le Cantique des cantiques, ce qui le fit mettre dans les cachots de llnquisition. Trois ou quatre ans après , il en sortit ; et , remontant dans sa chaire , devant un concours immense d'élèves qui le chérissaient, et de personnages illustres, touchés de la résignation et du courage qu'il avait montrés en prison, il débuta ainsi: « Nous vous disions hier.... »

Il cultiva la poésie espagnole avec un grand succès. La Prophétie du Tage sur la chute de l'empire des Goths en Espagne , quoiqu'elle ne soit qu'une imitation de la Prophétie de Nérée^ dans Horace, sur la prise de Troie, est très-estimée des Espagnols; et je l'ai jugée digne d'être traduite, à cause de l'énergie et des sentiments passionnés du poète, qui parle de sa patrie.

Que le comte Julien ait appelé les Sarrasins pour venger l'affront fait à sa fille, la belle Cava-Florinde , par Rodrigue; ou, ce qui est moins poétique, pour venger les fils deVitizza, que Rodrigue avait détrôné; ils s'introduisirent en Espagne , et ensuite en France , dont ils furent chassés, dix ans après, par Charles-Martel.

25o POÉSIES ESPAGNOLES.

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