‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 142 sur 149 · ODE ANACRÉONTIQUE · texte numérisé non relu

ODE ANACRÉONTIQUE

Qui donc descend par ce chemin De la colline verdoyante? Un flacon brille dans sa main , Sa face est joyeuse et riante.

Le Kerre et les pampres légers Ont formé sa belle couronne ; D'aimables nymphes, de bergers, Un groupe en cercle l'environne.

Au son des tambours, des hautbois, Leurs cris joyeux frappent la nue ; Et tous, célébrant ses exploits.

Chantent en chœur sa bienvenue.

— Ah! c'est Bacchus! dieu bienfaiteur.

Dieu de la vendange écumante.

— Eh non! mes amis; c'est l'auteur De ces vers mêmes qu'il vous chante.

VILLÉGAS.

Don Manuel db Villégàs naquit en Castille, à Naxera, l'année i595, et mourut en 1664. H parut brillamment, mais avec beaucoup trop d arrogance, sur ITiorizon poétique, à Tàge de vingt ans, presque en sortant du collège de Salamanque, où il avait composé ses poésies les plus estimées , et traduit plusieurs morceaux d'Anacréon,d'Alcée, et de Théocrite. Il essaya dans ses églogues de composer des vers rhythmiques , mais il se permet de faire la même syllabe tantôt brèife et tantôt longue^ suivant le besoin. Il me semble avoir un peu mieux réussi dans les vers saphiques de la pièce suivante , qui ma paru très-agréable.

AL CÉFIRO.

SAFICOS.

DuLGE vecino de la verde selva , Huésped eterno del abril florido.

Vital aliento de la madré Venus, Céfîro blando.

Si de mis ansias el amor supiste , Tu, que las quexas de mi voz llevaste, Oye, no temas, y a mi ninfa dile, Dile que muero.

Filis un tiempo mi dolor sabia, Filis un tiempo mi dolor lloraba, Quîsome un tiempo; mas agora temo, Temo sus iras.

Asi los dioses con amor paterno, Asi los cielos con amor benigno, Nieguen, al tiempo que feliz volares, Nieve a la tierra.

Jamas el peso de la nube parda, Quando amanece en la elevada cumbre, Toque tus ombros , ni su mal granizo Hiera tus alas.

VILLÉGAS. 279

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