‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 146 sur 149 · TRADUCTION DE BOILEAU · texte numérisé non relu

TRADUCTION DE BOILEAU

Heureux qui près de loi pour toi seule soupire, Qui jouit du plaisir de t'entendre parler, Qui te voit quelquefois doucement lui sourire. Les dieux dans son bonheur peuvent-ils l'égaler ?

Je sens de veine en veine une subtile flamme Courir par tout mon corps sitôt que je te vois ; Et , dans les doux transports où s'égare mon ame , Je ne saurais ti*ouver de langue ni de voix.

Un nuage confus se répand sur ma vue;

Je n'entends plusCO; je tombe en de douces langueu^^:

Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue.

Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs.

(i) Un nuage confus se répand sar ma ^ues

Je n'entends plus.

Ces assonances , qui par leur monotonie savante peignent si bien le trouble et rabattement, sont d'un grand maître. Je n'en dirai pas autant de ce complément du second vers : Je tombe en de douces langueurs. Il n'est pas question de douces langueurs dans Sapho , et il ne peut en être question. Ten dirais autant de ce vers de la strophe précédente :

Et dans les doux transports où s'égare mon ame; «en effet, Sapho, dit Longin, voulant exprimer les fureurs de Tamour, « choisit, de tous les accidents qui suivent et accompagnent cette passion, «ceux qui en marquent davantage l'excès et la violence; elle ramasse « toutes ces choses, l'ame, le corps, Touïe, la langue, la vue, la couleur; « elle gèle, elle brûle, etc. »

Ce ne sont poiut les doux transports où s'égare l'ame de Sapbo qui Tempéchent de parler, c'est un reste de pudeur, c'est la honte d'avouer son amour, c'est la crainte de se voir rebutée. Alors elle se détermine ou à

DE VILLÉGAS A ZÉPHIRE. 285

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