‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 147 sur 149 · NOUVELLE TRADUCTION · texte numérisé non relu

NOUVELLE TRADUCTION

Le mortel seul , qui près de toi respire , Et qui s'enivre, assis devant tes yeux, De ta voix douce et de ton doux sourire , Me semble égal aux dieux.

Tant de bonheur, voilà ce qui m'agite , Me trouble l'ame : et, dès que je te vois, Je veux parler ; soudain ma langue hésite , Et je reste sans voix.

Un feu subtil, qui court de veine en veine, Brûle mon corps ; mon oreille n'entend Qu'un bruit confus; sur ma vue incertaine Un nuage s'étend.

Mon front couvert d'une sueur glacée Prend du thapsos les livides couleurs ; Tremblante alors , sans haleine , oppressée , Je tombe , je me meurs.

écrire ou même à parler; et c'est ce que semble signifier le dernier vers cité par Longin, et où malheureusement il s'arrête :

Hasardons tout , puisque rien ne nous reste.

J'ajouterais encore , puisque les bornes de la pudeur littéraire sont passées, et que j'ai eu la hardiesse de critiquer celui dont Voltaire dit, en le plaçant dans le Temple du Goût , au milieu de Corneille , de Molière , de La Fontaine et de Racine lui-même :

Là régnait Despréaux , leur maître en IJart d'écrire ; j'ajouterais que Boileau n'a pas du tout marqué la transition de la première strophe à la seconde; transition qui avait frappé Catulle, et qu'il a

vivement fait sentir :

Misero quod omnes Eripit sensns mihi.

. Cette transition, exprimant si bien la jalousie, fait beaucoup d'effet dans Catulle , qui s'adresse à Lesbie , et en produit encore plus dans Sapho , à cause de la situation.

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