ARB^TE. N
Oui; mais un roi vainqueur, malgré votre défense. Pourrait sur Prusias exercer sa vengeance.
Êtes-Yous sûr d'Eumène?
FLAMINIUS
En doutez-vous ? Quel roi Oserait tromper Rome? Eumène est tout à moi; IJ ne trahira point la foi qu'il m'a promise : Sa victoire à ma voix s'arrêtera soumise.
Vous sauvez votre roi ; croyez que le sénat Envers vous à son tour ne sera point ingrat.
Eh bien! que ferez- vous, Arbate, vous dont l'âme Ma déjà laissé voir le dépit qui l'enflamme} Vous qui, chéri du roi, gouverniez son esprit, Et voyez chaque jour tomber votre crédit?
ARBÀ.TE.
La garde du palais , qui pour de longs services N'obtient que des dégoûts, même des injustices. En perdant Annibal, croirait servir son roi.
FLAMINIUS
Cependant, quelques chefs, abordés avec moi. Excitent les Romains qui jusque en cette ville Chassés par Annibal, y trouvent un asile.
Mais quel prix voulez- vous? par quels gages secrets Dois-je assurer vos jours comme vos intérêts?
ARBATE.
Mon intérêt, le soin de conserver ma vie N'est pas ce qui m'arrête , et je la sacrifie ; Oui, je m'expose à tout dans ce hardi projet,
4a ÀNNIBAL.
Même au soupçon du crime. En Asie, un sujet Sait immoler sa gloire au souverain qu'il aime, Et mourir, pour sauver son roi malgré lui-même.
PLikMIirîtJS-
Des vengeances du roi je puis vous garantir.
Redoutez-vous son fils ? Dès que , prêt à partir. Mon vaisseau dans ses flancs aura reçu sa proie, S'il est quelque përil que votre ame prévoie, J'exigerai du roi qu'il rémette en mes mains Le prince, désormais l'otage des Romains?
Parlez; que voulez-vous?
ÀRBATE.
Je veux que la puissance D'un roâ qui de bienfaits m'a comblé dès Tenfance^ Que ses droits, ses états, accrus, mieux affermis, Soient protégés par vous contre ses ennemis.
FLAMIKIUS.
Quel gage vous faut-il ?
ARBATC.
Toujours Rome à la terre Pour la foi des serments montre un respect sévère; Hé bien ! au nom du peuple et du sénat rôfmaiiis Prononcez ce serment
FLAMII^rUS.
le le jure en vos mftins.
AHBATR
Si mon prince, malgré la foi qui vous engage. Ou d'Eumène ou de vous essuyait qudque oiffrafge, Vous me verriez alors affronter tout danger, Sinon poïfr le défendre, au moins po«Br le venger.