ANNIBAL, FLAMINIUS, PRUSIAS, ARBATE
ANNIBAL
Seigneur...
PRUSIAS
Est-il vrai que d'un fils l'audace criminelle Arme contre son père une troupe rebelle?
Que vous-même d'un traître... ?
ANNIBAL
En est-il parmi nous ?
J'en connais, je les vois, et tous deux près de vous.
PRUSIAS
Flaminius! Arbate! Et comment puis-je croire
Que l'un ou l'autre ourdisse une trame si noire?
Osent-ils conspirer au sein de mes étals ?
A la rébellion provoquer mes soldats?
Est-ce à leur voix qu'un fils ose outrager son père?
Qu'au milieu de la paix on voit naître la guerre ?
ANNIBAL
Oui I la guerre est présente; et sans doute en leur cœur, De l'ennemi qui vient accusant la lenteur.
54 ANNIBAL
Ceux que vous consultez, qui semblent tous défendre, Jusqu'en TOtre palais espèrent tous surprendre. On veut d'une révolte alarmer vos esprits!
Il n'en existe point : l'armée et votre fils S'indignent qu'un Romain, pour tramer votre perte, Avec vos ennemis en secret se concerte.
Avant qu'en ce palais il se fut présenté.
Qu'a fait l'ambassadeur? Sous ce nom respecté, D'un roi votre ennemi, dont il arma la haine, Il quittait les états.
PRUSIAS
Quel est ce prince?
ANNIBAL
. . Eumène :
Vos yeux peuvent le voir; sa flotte fend les eaux, Seigneur, pour vous surprendre, et brûler vos vaisseaux.
PRUSIAS, AArbate.
Vous saviez que ce roi s'armait pour me détruire !
ARBATE.
Il suit l'ordre de Rome, et vient, non pas vous nuire, Seigneur^ mais vous sauver, apparent ennemi , De l'abyme où vous plonge un dangereux ami :
Annibal seiil vous perd; et sa vaine querelle Aujourd'hui contre vous arme un prince rebelle. 3 'ai mérité la mort, si c'est un attentat De servir votre gloire , et le trône et l'état.
PRUSIAS
Un sujet, quel qu'il soit, dût-il sauver l'empire, Arbate, est criminel à l'instant qu'il conspire; C'est au souverain seul qu'il convient de juger