‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 43 sur 149 · ACTE IV, SCENE V. 6i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V. 6i

ce Eumène est-il instruit de nos ruses de guerre?

a Nous vaincrons : ce combat n'est qu'un combat sur terre. »

Il dit; et des rameurs tous les bras à la fois

Ébranlant nos vaisseaux que ralentit leur poids,

De ces remparts flottants traînent la lourde masse.

Et cependant, de l'onde effleurant la surface,

Aussi prompt que l'oiseau qui traverse les airs,

L'ennemi vient. Vos nefs s'écartent sur les mers :

Les navires légers nous suivent, pleins de joie,

Sans ordre, et déjà même insultant à leur proie;

Quand de nos mains de fer, partout sur les deux rangs.

Les ongles recourbés s'attachent à leurs flancs;

Et d'un rapide choc les galères froissées

Font voler en éclat les rames fracassées.

Alors sur leurs vaisseaux la mort monte avec nous.

Plus de fuite : les uns expirent sous nos coups;

D'autres veulent briser le lien gui les presse :

Mais presque tous, voyant que la force ou l'adresse

De nos chaînes d'airain ne peut les dégager.

Comme de vils troupeaux se laissent égorger.

Quelques-uns, dans les flots fuyant la mort présente.

Succombent écrasés sous la rame pesante;

Et les mourants, les morts, les débris des vaisseaux,

Nagent autour de nous dispersés sur les eaux;

Ils couvrent les rochers, ils couvrent le rivage.

Eumène, sur les mers, seul échappe au carnage.

Alors ^ aux yeux du peuple accouru près du bord,

Vos vaisseaux triomphants rentrent, ejt vers le port.

Chacun d'eux, salué par mille cris de joie.

Au milieu des débris traîne sa double proie.

6a ANNIBAL.

PRUSIAS

Que je vous dois d'encens^ ô dieux ! commait payer Les succès immortels de l'étonnant guerrier Qui même sur lès flots triomphe encor d'Ëumène, D'Eumène, ami de Rome, et Tobjet de ma haine ! Mais, mon fils, a"*t-on tu Tambassad^ir romaiii?

HIGOMEBE.

Il est captif; j'ai pu l'immoler de ma main, Mais il attend son sort en la salle voisine.

Qu'il vienne, Arcas,

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