LES GUERRIERS
Nous le jurons.
NICOMEnE.
Amis, qu'au milieu de nos fêtes Brille un char triomphal , présage des conquêtes ! Rendons leur gloire aux rois, aux trônes leur éclat: Il est temps d'abaisser un orgueilleux sénat. Annibal va partir; moi, de la Thessalie Je le suivrai de près aux champs de l'Italie, Et de Rome bientôt crouleront les remparts.
PRUSIAS
Ce projet important fixera mes regards;
Lorsque j'aurai tout vu, tout réglé, j'aime à croire
Que vous pourrez, mon fils, l'accomplir avec gloire.
NICOMEDE
Préparons le triomphe ; à sa pompe invités.
Les rois vont voir mon char rouler en nos cités : Nicomede, allumant leur noble jalousie. Sur Rome avant trois mois déversera l'Asie.
64 ANNIBAL
J'accomplirai nos plans , mon père.
PRUSIAS
Heureux guerriers, Près d'obtenir le prix, les honneurs, les lauriers Que vous doit, par mes mains, décerner la victoire, Goûtez un court repos acquis par tant de gloire! Moi-même aussi j'ai su, dans Arisbe autrefois Vaincre Attale , malgré l'appui de ses Gaulois ; Jadis le Rhodien s'est vu par ma vaillance Affranchi du tribut qu'il payait à Byzance; Mais le temps envieux m'interdit les travaux : C'est mon fils qu'il faut suivre à des périls nouveaux; Le chef, en qui je vois un dieu plutôt qu'un homme. Avec le prince et vous marchera contre Rome.
Allez.
(Les gaerriers sortent, excepté ceux qui gardent Flamînios.)
Faut-il qu'Eumène, en ce jour de bonheur, N'ait pas été captif!
(Arbate s^approche; Pmsîas Ini Tait nn signe. U sort.) NICOMEDE.
Il le sera , seigneur :
Mais l'objet important c'est que toute la terre Sente qu'on fait à Rome une éternelle guerre. Qu'on ne veut point traiter, qu'on veut vaincre ou périr. Nous verrons à nos plans tous les rois concourir.
(Montrant Flamînias.)
Amis , craignons de voir ma vengeance trompée. Écartez de ses mains toute arme, toute épée.
De regards vigilants entourez-le toujours; Annibal et ma gloire ont besoin de ses jours :