BLANCHE, ALVARÈS
RLA.J!9GH£.
O jour heureux pour moi !
i38 LA REINE DE PORTUGAL.
Constance va régner. Dans une heure, le roi, Devant les grands, le peuple, assemblés à Lisbonn^s, Sur le front de son fils posera la couronne; Présent qu'à mes conseils tous deux ils vont devoir. Par mes soins, vers la nuit, Inès vient de savoir Ce projet qu'on ignore; et j'ai voulu d'avance Jusqu'au fond de son cœur lui ravir l'espérance. Ma fille monte au trône , et tels étaient mes vœux. Qui vous trouble, Alvarès? Peut-être qu'à vos yeux Je parais du pouvoir ne plus être jalouse :
Mais Blanche , en déposant le sceptre comme épouse, Peut, sous le nom de mère, exercer le pouvoir. Oui, quand des jours du roi le long cours me fait voir Que déjà de mon front tombe le diadème.
Celle à qui je le donne est une autre moi-même, Je descends de mon trône, et l'y veux élever; Mes soins, en le quittant, pourront le conserver.
Et toi, de ta maison l'espérance fatale, Inès, toi de ma fille odieuse rivale, Qui sus, avec plus d'art encor que de beauté, Séduire un prince, à l'âge où le cœur transporté De ses premiers désirs suit l'imprudente ivresse. Tu gémis que l'Infant t'ait ravi sa tendresse ! Applaudis-toi plutôt, tu sors d'un grand danger; Respire: je n'ai pas besoin de me venger.
ALVARÈS
Reine, vous l'auriez dû; je parlerai sans feindre. Puisque Inès voit le jour, elle est encore à craindre: Coupable envers le trône, elle devait périr; Le prince, absent alors, n'eût pu la secourir;