‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 71 sur 149 · ACTE I, SCENE IV. iSg · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV. iSg

Nous vengions y vous et moi y notre commune offense. Je vous dois tout; je sais que, si votre puissance Neût rompu des projets tramés dans cette cour, La haine des Castro m'accablait sans retour.

S'ils triomphent, je vois ma famille proscrite; Et déjà dans leurs yeux ma ruine est écrite.

Excusez si je joins, par un zèle indiscret.

Les intérêts du trône avec ceux d'un sujet :

Reine, par cet aveu soyez du moins certaine De voir tous vos desseins secondés par ma haine. Mais qui donc (pardonnez aux craintes d'Alvarès) Dans ce palais encor peut retenir Inès?

Moi.

ALVARÈS

Des yeux de l'Infant vous l'écartez sans doute?

BLANCHE

Non.

ALVARÈS

Redoutez Inès.

BLANCHE

Moi , que je la redoute !

ALVARÈS

Un seul de ses regards peut sur vous l'emporter.

I BLANCHE

I Un seul de mes regards saura l'épouvanter.

ALVARÈS

Inès....

BLANCHE

Aux yeux du prince a-t-elle encor des charmes ? Alphonse est indigné de nos vaines alarmes.

i4o LA REINE DE PORTUGAL.

A^LVARÈS.

Et si devant vous-même et le peuple et la cour Don Pèdre pour Inès avouait son amour?

BLANCHE

La mort de son Inès m'aurait bientôt vengée.

ALVARÈS

Reine....

BLANCHE

Plutôt la mort que ma fille outragée !

ALVARES.

Ici, frapper Inès ! aux yeux du prince !

BLANCHE

Ici:

L'affront serait public, et la vengeance aussi. Mais croyez, Alvarès, un plus heUreux présage; Nous n'aurons pas besoin d'un dangereux courage. Nous entendrons le prince, oubliant cet amour, D'un nom plus doux, plus cher, m'appeler dès ce jour. J'attache maintenant Inès à ma personne; De regards vigilants partout je l'environne; Don Pëdre ne pourra la voir que sous mes yeux; Et je saurai, plus tard, l'éloigner de ces lieux : J*ai du cœur des humains acquis la connaissance; Ma fille, sa beauté, ses vertus, sa naissance, Et le sceptre, et la gloire, et mes soins, vont bannir D'un amour clandestin le faible souvenir.

Alphonse a pour l'hymen tout ordonné d'avance. Quand l'Infant sera prêt , que la pompe commence , Alvarès.

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