‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 73 sur 149 · BLANCHE, CASTRO · texte numérisé non relu

BLANCHE, CASTRO

CASTRO

Que la reine pardonne Si j'ose la troubler ; mais d'un affreux malheur Je dois en ce moment entretenir ma sœur.

BLANCHE

Ce malheur, quel est-il?

CASTRO

La perte d'une mère.

BLANCHE

Sans doute à votre cœur cette peine est amère ; Mais sachez dans votre ame enfermer vos douleurs; Songez que ce grand jour doit être exempt de pleurs. Pour l'hymen de ma fille Inès déjà parée Castro, marche avec elle à la fête sacrée.

Après l'auguste hymen que l'on va célébrer, Avec vous, sans obstacle, elle pourra pleurer.

i4a LA REINE DE PORTUGAL.

Ma fille et moi saurons consoler, je l'espère

CASTRO

Ma sœur! eh, qui peut mieux la consoler qu'un frère? Qu'absent depuis trois mois je la voie un instant! Un important secret....

BLANCHE

Ce secret important, Je le sais. Ce n'est point la perte d'une mère Qui touche en ce moment et la sœur et le frère, Non : elle, c'est l'amour; vous, c'est l'ambition. Un grand malheur peut suivre une indiscrétion. N'éloignez pas l'Infant de l'hymen qui s'apprête; Ou vos conseils d'Inès feraient tomber la tête.

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