‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 74 sur 149 · DON PÈDRE, CASTRO · texte numérisé non relu

DON PÈDRE, CASTRO

DON PÈDRE

Tu me retiens en vain, je veux la voir. Eh quoi ! Inès un seul moment a douté de ma foi !

Par de vains bruits trompée , elle aura donc pu croire Qu'un autre amour me charme, ou l'éclat de la gloire ! Que j'expire à l'instant , si tu n'es pas toujours L'objet de tous mes vœux, et mes seules amours, Inès; si ton image, en mon cœur retracée, Toujours avec ton nom ne vit dans ma pensée ! Oui, lorsqu'en m'éloignant, je vis, non sans effroi, Quel otage, Castro, j'abandonnais au roi.

Et quels périls Inès courait en mon absence.

Tout alors à ma voix commandait la prudence : On parla devant moi d'un traité, d'un lien, De fête à mon retour ; mais je ne promis rien. Ah! que l'on cherche ailleurs un trône pour Constance. Mais, hélas! sa beauté, ses vertus, sa naissance. Mon père et ses traités, la reine et son pouvoir. Tout peut au cœur d'Inès porter le désespoir ; Rassurons-la.

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i44 LA REINE DE PORTUGAL.

Songez à son péril extrême.

DOW PÈDftE.

Entrons.

CASTRO

La reine vient de me dire à moi-même....

DON PÈDRE

Que m'importe?

CASTRO

Craignez...

DON Pi^DRE.

Que prétends-tu de moi ?

Qui peut dans ce palais m'inspirer quelque effroi ?

CASTRO

La mort d'Inès.

DON PÈDRE

Sa mort!

CASTRO

Oui , sa mort toute prête.

DON PÈDRE

Que dis-tu?

CASTRO

Le poignard est levé sur sa tête, Prince.

DON PÈDRE

S'il était vrai que Blanche en sa fureur Osât...!

CASTRO

Il faut sauver, et non venger ma sœur.

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