ACTE II, SCENE L i
DOW PÈDRE
Oui.
CASTRO
Le fer, le poison, tout convient à la reine.
Ne pouvant la braver, n'armez donc point sa haine. La loi menace Inès.
DON PÈDRE
Je le sais.
CASTRO
Si l'hymen A Constance aujourd'hui ne donne votre main.
Blanche alors sans danger...
DON PÈDRE
Ciel!
Tout est prêt d'avance , Le tombeau pour Inès, ou l'autel pour Constance. Choisissez.
DON PÈDRE
Je frémis : attends; on veut mon choix!
La fureur me retient immobile, sans voix.
CASTRO
Il faut agir.
DON PÈDRE
Eh bien ! mon choix est la vengeance.
CASTRO
Calmez-vous : à l'audace unissons la prudence.
Avant de voir Inès, revoyez vos soldats;
Et, pour la couronner, sauvez-la du trépas.
Il faut, sans trop blesser les droits d'un père auguste,
ï46 LA REINE DE PORTUGAL.
Vous montrer le plqs fort, pour être le plus juste; Et, sans péril alors, vous pourrez, plus heureux. Être aussi noble époux qu'ennemi généreux.
DOK PEDRB.
Que me proposes-tu? Fauti-îl contre mon père..?
CASTRO
C'est Blanche qui menace une tête si chère; Voilà le seul moyen qui puisse la sauver.
Vos soldats et leurs chefs vont bientôt arriver.
BON PÈDRE
Dans une heure peut-être.
CASTRO
Il faut donc les attendre.
DON PÈDRE
C'en est fait, et je vois quel parti je dois prendre. Oui, dans ta cause, Inès, je vais les engager; Et don Pèdre pour toi bravera tout danger.
CASTRO
Jusque-là, faites- vous une loi souveraine De ne point voir Inès; et même, si la reine Exigé un prompt hymen , il faut feindre.
DON PÈDRE
Et comment De mon cœur irrité cacher l'affreux tourment?
CASTRO
Songez à votre Inès, il y va de sa vie. •
DON PÈDR^.
Ses dangers, retenant ma fureur asservie, Peuvent seuls...
Gardez bieti de trahir vos secrets;