ACTE III, SCÈNE I. iSg
Par son, bras triomphant le trône est afTermi; Et puisque ma valeur ne peut plus vous défendre, De ce trône pour lui je suis prêt à descendre. Dans le moment heureux où sera célébré L'hymen, gage de paix par trois rois assuré. L'hymen dont à vos yeux la pompe se prépare , Je quitterai le sceptre; oui, je vqus le déclare. Si le vœu des états est conforme à mon choix, Don Pèdre est votre maître et monte au rang des rois.
UN PRÉLAT, an nom du clergé.
Le roi peut à son fils transmettre sa couronne ; C'est soQ droit. Les prélats, puisque sa voix l'ordonne. Consacrent de leurs vœux cet acte solemnel , £t les nœuds que l'Infant va former à l'autel.
UK MAGISTRA.T, ao nom du peuple.
Roi, ce peuple vous aime, et ne voit qu'avec peine Un héros déposer la grandeur souveraine :
S'il peutise consoler, lorsqu'il entend vos vœux. C'est qu'un tel successeur régnera sous vos yeux ; Qu'il étende sur tous une main protectrice , Qu'il fasse, comme vous, révérer la justice; Le peuple se soumet aux volontés du roi.
ALVARÈS, an nom des grands.
Alphonse , vos désirs sont pour nous une loi. La reine, ainsi que vous, quitte le rang suprême : Heureuse la princesse à qui le diadème Doit être présenté des mains d'un tel époux!
Est-il pour une mère un spectacle plus doux.
Quand celle à qui don Pèdre unit sa destinée Voit trois peuples heureux bénir son hyménée?
i6o LA REINE DE PORTUGAL.
CASTRO, «a nom des gaerriers.
Fasse toujours don Pèdre, heureux et respecté, De l'état florissant craindre la majesté!
, Que notre nouveau roi soit digne de son père, Qui sut rendre l'espoir à la Castille entière, Dompter à Tariffa deux cent mille Africains, Lorsque, prenant lui-même un de leurs souverains, Triomphant , et suivi de son royal esclave , D'une commune voix il fut nommé le Brave.
Que n'a-t-on cependant , pour fêter ce grand jour, Des vainqueurs de l'Afrique attendu le retour? Don Pèdre, à cet autel, conduit par la victoire, Brillerait, entouré des témoins de sa gloire.
DON PÈDRE, se levant.
Régnez encor, seigneur : qu'Alphonse révéré Voie en tout temps fléchir sous son pouvoir sacré Les grands, le peuple, un fils, tout ce qui l'environne. Et que don Pèdre , avant d'obtenir la couronne Que rendit vénérable un roi sage et guerrier, De ses nobles vertus soit d'abord l'héritier,
A.LPHONSE.
Puis-je régner encor lorsque le poids de l'âge Laisse à peine à ton père un stérile courage; Quand le peuple , sauvé par un heureux combat , Voit en mon fils vainqueur le soutien de l'état? Je dépose pour toi l'autorité suprême ; Prends le glaive des rois avec le diadème.
DON PÈDRE
Puisque mon père, et vous, peuple, me faites roi, Sachez que la justice est ma suprême loi.