CONSTANCE, INÈS, DON PÈDRE
CONSTANCE
Prince, ne craignez rien.
La reine vous demande un secret entretien.
Déjà le roi , blessé d'une coupable offense , Contre vous, contre Inès, apprêtait la vengeance : a Je renonce à don Pèdre, » ai-je dit, « pour jamais! « Qu'il vive heureux! enfin qu'il règne avec Inès! » Mes prières, mes pleurs ont su toucher ma mère;
174 t.A REINE DE PORTUGAL.
Je saurai, croyez-moi, fléchir un roi sévère. Quand je contrains mes vœux, quand je renonce à vous, Qui peut ravir Inès des bras de son époux ?
DON PÈDIIE, avec on étonnement doalonreax.
Quelles âmes à toi se sont donc attachées, Don Pèdre! Toutes deux, quoi! vous n'êtes touchées Que du soin de ma gloire et de mon seul bonheur. Quel spectacle nouveau vous offrez à mon cœur! Quand tout vous désunit, quand Tame des rivales Ne se plaît qu'à nourrir des vengeances fatales. Vos cœurs , par le destin vainement combattus , Disputent de bonté , d'honneur et de vertus.
INÈS, à part.
Quels biens il sacrifie en me restant fidèle !
CONSTANCE, les yenx an ciel.
La voix d'un autre époux en ce moment ^n'appelle. Oui , mes vœux désormais sont conformes aux tiens ;
(Elle passe devant don Pèdre, et le regardant : )
Viens, Inès!... De ses jours je réponds sur les miens.
( Elles sortent.) DON PÈDRE, seol.
Noble fille , ton cœur ne connaît point la reine ! Moi , pour ma chère Inès je crains tout de sa haine.