UN ROI D'AUTREFOIS
Air : Àh : daignez m: épargner le reste.
Autrefois un roi très-vanté , Gouvernant un petit royaume , De son peuple était respecté , Car ce prince était honnête homme.
Sous son règne de bonne foi , Prince, goujat, bourgeois ou comte Étaient égaux devant la loi.
Je vous préviens que c'est un conte.
Les ministres de ce bon roi Soutenaient la cause commune , Et jamais dans leur haut emploi , Aucun d'eux n'a fait sa fortune.
Du bien qu'ils faisaient au pays, Le peuple leur tenait bon compte ; Ils étaient vénérés , chéris.
Je vous préviens que c'est un conte.
Des rois ses superbes aïeux , Ce roi n'ayant pas une fibre , Soutenait qu'il est glorieux De régner sur un peuple libre. Objet de ses soins paternels , La liberté que nul ne dompte, Sous son règne avait des autels.
Je vous préviens que c'est un conte.
Le fils du roi se maria , Il prit chez lui femme jolie, Et son bon père le dot»
Sans faire appel à la patrie.
Peu riche de son contingent , Ce roi possédait pour son compte Beaucoup de gloire et peu d'argent.
Je vous préviens que c'est un conte.
Si quelque poète frondait ,
Des abus toujours près du trône,
L'excellent monarque en riait ,
Sans jamais condamner personne.
La paix habitait son séjour,
Et, ne trouvant jamais son compte,
L'intrigue fuyait de sa cour.
Je vous préviens que c'est un conte.
Aimant l'industrie et les arts ,
A tous il se montrait propice ;
Sous son règne , point de mouchards ,
Agents vendus à la police.
Avant le talent d'orateur,
Qui fait que phis d'un faquin monte ,
Il voulait la vertu , Thonneur.
Je vous préviens que c'est un conte.
11 ne fut jamais agresseur ; Pourtant son âme noble et fière , Dans la carrière de l'honneur, Ne resta jamais en arrière.
Ne soudoyant point de suppôts, Qui , d'un grand règne font la honte , Il n'augmenta point les impôts.
Je vous préviens que c'est un conte.
Aussi , ce roi vraiment héros , A bidet, tout comme un autre homme.
Pouvait , sans craindre les complots , Faire le tour de son royaume.
Et quand ce monarque expira, L'histoire du temps nous raconte Que tout son peuple le pleura !
Vous voyez bien que c'est un conte.
Mai 1837,