PETITS OISEAUX, DITES-MOI VOS AMOURS
A. Al. TOl'SSKNEl...
Le ciel est beau , la molle brise M'apporte de douces senteurs , Les prés verts, qu'un rayon irise.
Sont jaspés de mille couleurs.
Déjà la diligente abeille Butine aux fleurs des alentours ; Au printemps le désir s'éveille , Petits oiseaux, dites-moi vos amours.
Vous avez des plaisirs faciles , Exempts de peine et de regret, La paix habite vos asiles , Petits oiseaux que Dieu revêt ; A l'arbre , à la branche élevée , Aux brises tièdes des beaux jours, Vous appendez votre couvée.
Petits oiseaux, dites-moi vos amours.
Le privilège ou la richesse.
Ne troubla jamais votre sort ; .
Jamais une douce maîtresse
Ne vous trompa pour un peu d'or.
Contents des dons de la nature ,
De vos plaisirs suivant le cours ,
Vous avez une gaité pure.
Petits oiseaux, dites-moi vos amours.
Et quand chez nous l'aquilon gronde , Rêvant un horizon vermeil , Vovageurs, vous cherchez un monde
Rempli de fleurs et de soleil.
Pour vous , l'amour et la patrie Ne sont qu'où naissent les beaux jours. Voilà le bonheur qu'on envie f Petits oiseaux , dites-moi vos amours.
Revenez bientôt, petits anges, Car voici la saison des fleurs , Rapportez vos notes étranges , Vos plumes aux mille couleurs.
Après qu'une longue froidure , Du sol a flétri les atours , Rendez la joie à la nature.
Petits oiseaux , dites-moi vos amours,
fi avril 1853.
■"■mr