‹ Poésies de François RougetChapitre 52 sur 82 · A ROSE CHÉRI · texte numérisé non relu

A ROSE CHÉRI

J'avais pourtant juré d'abandonner ma lyre ; Quel démon aujourd'hui seplaît àm'agiter? D'où vient à mon esprit ce trouble, ce délire, Ce vague besoin de chanter?

C'est qu'on ne peut te voir, enfant, sans que notre âme Résonne comme un luth sous des doigts créateurs. C'est que tes yeux sont pleins de la plus douce flamme. C'est que ta fraîche haleine a le parfum des fleurs I

C'est que de l'avenir pour toi la coupe est pleine, C'est que ta bouche est rose et que ton front est pur ; C'est que tes longs cheveux roulent à flots d'ébène Sur l'albâtre aux veines d'azur.

C'est que tu parais belle entre toutes les belles ; Et si tes pieds légers font un pas gracieux , Cher ange de la terre , on craint de voir des ailes Qui t'emporteraient dans les cieux.

Et moi , que tout émeut , que tout impressionne , Quand j'ai vu tant d'attraits , d'esprit et de candeur, Je reviens tout pensif, et puis je m'abandonne A tous mes rêves de bonheur.

95 décembre 18:38.

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