‹ Poésies de François RougetChapitre 53 sur 82 · A RONSARD · texte numérisé non relu

A RONSARD

Ami Ronsard , avec ta mignonnette , Comme jadis aux beaux jours du printemps, Viens folâtrer sur les bords de Lislette, Aux petits bruits des ruisseaux murmurants.

Ton frais sonnet , ta gentille odelette , Semblent éclos parmi les fleurs des champs, Et de la rose et de la violette Ont conservé les parfums enivrants.

Apollon seul, à ton naïf langage, A pu donner les grâces de notre âge ; Vendôme encore est fière de ton nom.

Si tu n'as pas la palme de Pindare,

Le grand faucheur, de toute gloire avare.

T'a couronné des fleurs d'Anacréon.

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0 tidèles amis! ô mes livres chéris!

Combien , dans les douleurs d'une âpre maladie,

Vous avez de ma couche éloigné les ennuis !

Pour vous, quoique souffrant, j'aimais encor la vie.

De notre ardent amour vous connaissez le prix , Beaux-arts, douce lecture , aimable poésie ; Vous n'abandonnez point vos plus chers favoris, Leur triste solitude est toujours embellie.

Oui , c'est vous qui charmiez Ovide en ses revers , Qui consoliez le Tasse au milieu de ses fers , Et qui de leurs tyrans proclamiez l'infamie ;

Avec vous , Déranger, dans d'indignes cachots , Rit de ses détracteurs , retrouve son génie , Fait résonner sa lyre et chante nos héros.

Paris, 18-^9.

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