LES DEUX CHIENS
Deux chiens d'un boulanger, par un temps sec et beau,
Portaient le pain à la pratique , Et suant , haletant , sous le trop lourd fardeau , N'en poursuivaient pas moins leur labeur domestique, Quand des chiens bien posés, chiens nobles et bourgeois,
Espèce fainéante et vaine , S'ameutent sur leurs pas, et d'insolents abois Poursuivent les deux chiens attelés à la gêne.
Caniches et roquets se font les insulteurs De ces deux loyaux serviteurs.
Une pensée alors me vint, triste, profonde : Ainsi, dis-je, dans notre monde
Toujours le parasite insulte aux travailleurs.