‹ Poésies de François RougetChapitre 78 sur 82 · LES DEUX CHIENS · texte numérisé non relu

LES DEUX CHIENS

Deux chiens d'un boulanger, par un temps sec et beau,

Portaient le pain à la pratique , Et suant , haletant , sous le trop lourd fardeau , N'en poursuivaient pas moins leur labeur domestique, Quand des chiens bien posés, chiens nobles et bourgeois,

Espèce fainéante et vaine , S'ameutent sur leurs pas, et d'insolents abois Poursuivent les deux chiens attelés à la gêne.

Caniches et roquets se font les insulteurs De ces deux loyaux serviteurs.

Une pensée alors me vint, triste, profonde : Ainsi, dis-je, dans notre monde

Toujours le parasite insulte aux travailleurs.

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