‹ Poésies de Jacques TahureauChapitre 34 sur 48 · SEIGNEUR DE LA TROU ILLARD I ER E · texte numérisé non relu

SEIGNEUR DE LA TROU ILLARD I ER E

Tu es heureux d'avoir un peu abandonné Ton Anjou, pour venir séjourner dans le Meine ; Heureux en est le jour, heureuse en est la peine, Qui fha si doucement en si beau lieu mené.

Je croy que la Mignarde à qui tu as donné

Ton cueur entre ses mains n'est point tant inhumaine Qu'elle vueille tousjours voyr ta constance vaine. Sans que ton amour soyt pas elle guerdonné.

Voylà! nous ne sçaurions changer cette puissance De ce grand sort fatal, qui dès nostre naissance Nous règle comme il veut d'un destin assuré :

Ce destin n'a permis qu'en ta terre Angevine, Encores qu'il y ait mainte beauté divine, Ton esprit se soit tant qi£au Meine énamouré.

A ANTOINE GUYART

Du temps que les esprits paresseux de la France Estoient couvers encor d'un voile languissant,

l52 SONNETZ, ODES ET MIGNARDISES.

Et que des bons autheurs le sçavoir florissant Dormoit dessoubs la nuit de l^obscure ignorance^

Lors les plus vieux à peine avoient-ils la science De cela qu^aujourd'huy V enfant est congnoissanî, Et par trop laschement ils s'alloient bannissant D'avoir plus que d'un art la povre expérience .

Mais on peut maintenant, mieux qt^en l'âge ancien, Faire plus d'un estât, comme tu pourrois bien, Meslant les vers plaisans avec la loi severe :

N'aS'tu leuy mon Guyart, mesmement dans tes loix, Que le Jurisconsulte allègue mille fois, Les vers sententieux de ce sçavant Homère^

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