‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 71 sur 81 · A MAGDELAINE LE · texte numérisé non relu

A MAGDELAINE LE

1 SONNET

Pour bien louer ta gente gentillesse, Et ton esprit gentillement subtil, Et de ton corps subtillement gentil Le gent mainctien et la gentille adresse,

Il conviendroit qu'une langue maistresse Chantast l'honneur de ton gent double fil Qui, à demy, courbe en rond ton sourcil, Où Cupidon ses embuscades dresse :

— icp —

Qu'elle chantast ces Indiens joyaulx, Ces diamants, ces perles, ces couraulx Et ces rubis dignes d'un gentilhomme.

Qui, eschauffé de ta pudicque flamme, En repoussant de gente gentilhomme Qu'ores tu es, te rendit gentilfemme.

A MADAMOYZELLE C.

( sonnet)

Ce ris desmesuré, sans nulle occasion, Ce parler en secret monstre bien, ma Caillette, Ton esprit trop le'gier. Car une âme bien faicte N'est jamais surmontée d'aucune passion.

Jadis un Démocrite en feist eslection Et loua on en luy quelque cause secrette. Mais ta philosophie est ung tranport de teste Et ton cerveau trop foible à' contemplation.

Ayez plus de contraincte et plus de modestie ; Les faictz extérieurs jugent de nostre vie ; Et les gestes aussy nous tesmoignent du cueur.

i. Il y a pour au manuscrit.

La grâce et la douceur à une damoyzelle

Et la discre'tion la rendent bien plus belle ;

Mais, n'ayant l'un ny l'autre, effet1 n'en est pas seur,

QUATRAIN

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