‹ Poésies de Jean Palerne, forézienChapitre 80 sur 81 · AUX POLITICQUES DE COURT · texte numérisé non relu

AUX POLITICQUES DE COURT

Polliticques de Court, gens sans Dieu et sans lov, Qui ruynez le peuple et destruisez le Roy ; Qui demandez la paix avec les héréticques Et voulez avoir guerre avec les cathollicques ; Qui vouliez maintenir tout en confusion, Mariant l'hére'sie à la religion ;

Qui faictes des édictz, forgez des ordonnances '

Par un constant succès le fondz de ses finances ; Qui nous représentez une nécessité Qui durera tandis qu'aurez auctorité, N'ayans honte d'avoir des biens en affluance, Voir vostre maistre pauvre et le peuple en souffrance. Dont le prouffit vous vient, au Roy le deshonneur, Le regret à chascun, au peuple la doulleur ; Qui chassez de la Court, pour mieulx vous mettre en

[grâce, Les princes et seigneurs dont vous tenez la place ; Qui les rendez suspectz par vos propoz flateurs, Les appelans Guisardz, Espaignols et Ligueurs; Qui allumez la guerre et ne la sçauriez faire ; Qui nous ferez sentir peut estre leur collère2; Qui rendez odieux nostre Roy à la France; Esponges qui tirez toute nostre substance,

i. 1] y a évidemment une omission entre ces deux vers.

2. Il y a icir dans l'original, une omission de deux vers masculins.

Dont le Roy n'est de rien plus riche ou mieulx aisé,

Ayans le bien du Roy et le nostre espuisé '.

Qui esloignez du Roy les princes gene'reux

Pour des singes de Court, gens foibles et hargneux :

Et qui les irritez en leur fermant la porte :

Et perdez cest estât : Le Diable vous emporte !

Amen.

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