Poésies de John Keats
.... // a cesse de vivre a vingt-cinq ans et jamais poète à cet âge ne laissa pareille moisson de beauté. Encore sa dernière année appartientelle toute à la mort : elle ne fut qu'une agonie de corps, de cœur et d'esprit. Devant la brièveté tragique de cette vie si riche en promesses, devant la splendeur de l'œuvre accomplie entre 1S16 et 1820, on se sent pris d'une mélancolie de pitié et de regret qui voudrait s'exprimer autrement qu'en quelques mots secs de présentation. Mais puisqu'on me les demande, je m'efforcerai de dire, si brièvement que ce soit, ce que fut ce poète trop peu connu en France, que ses pairs, depuis Shelley jusqu'à Tennyson, Swinburne et Rossctti, mettent au premier rang des poètes anglais.
Sa vie tient en quelques lignes.
Xé le 2 g ou 3i octobre 1 j<)5 au cœur de
John Kkats
Londres, fils aîné d'un palefrenier enrichi, John Keats. après une instruction sommaire, entra a auin-e ans comme apprenti che~ un médecin d'Edmoniun. En i 8 / 4 il se brouilla avec lui, alla à Londres faire sa médecine. V abandonna 181 5 pour la poésie qu'il aima d'un amour unique et fiévreux jusqu'à sa rencontre avec Ianny Brawne en 18 1 g. A partir de cette rencontre, lentement, telle l'implacable tuberculose héréditaire qui pénétra en même temps son être, sa passion pour cette froide et insignifiante vetite blonde de dix-huit ans le mina, le tortura de désirs insatisfaits, de déchirants soupçons injustifiés, le brûla d'une fièvre qui déjà avait annihilé en lui le poète lorsqu'un soir fatal de février 1S20 il reconnut dans le sang artériel sorti de ses poumons son arrêt de mort. En septembre de la même année, sur le conseil de . médecins, il s'embarqua pour l'Italie. Il s'installa à Rome, y t raina l'agonie lucide où il sentait se retirer de lui sa force et sa vie, s'évanouir peu a peu toute espérance d'amour et de gloire: après les affreuses crises de souffrance et de désespoir vie posthume » — c'est ainsi qu'il l'appelait — il mourut enfin le 20 février 1821
John Keats
en remerciant Dieu que la fin fût venue.
Sur sa tombe il demanda que Von gravât ces mots :