‹ Poésies de m. de MontreuilChapitre 12 sur 32 · PREFACE XVII · texte numérisé non relu

PREFACE XVII

Montreuil parle dans ses vers : il y a pour lui confusion d'amours comme de pseudonymes ; mais c'est dans la magistrature qu'il semble surtout avoir promené ses bonnes fortunes. » Il est évidemment malaisé, avec la meilleure bonne volonté, en dépit des recherches, de débrouiller la liste amoureuse de Montreuil; mais, bien qu'on ignore les destinataires et les dates de ses missives, elles n'en sont pas moins instructives et du plus vif agrément à parcourir. L'amusant écrivain s'y montre léger, arrogant, voluptueux et pétulant à l'extrême. Une dame lui écrit : «Je vous renvoie ma montre; elle ne va pas assez vite. Je m'en étonne, vu qu'elle vient de vous. » Quelquefois aussi il y est fat ; il fait parade de la beauté de ses dents, qu'il compare à des perles, et s'étonne qu'on fasse trop peu de cas de ses grâces extérieures : car la plupart de ceux qui les méprisent, selon lui, ne sont pas beaux, et tâchent, par ce sentiment bizarre, de se consoler de ce qui leur manque. Dans toutes ses lettres il est amoureux, il en a dans l'aile; mais il possède des façons si différentes d'exprimer sa flamme qu'il ne fatigue jamais et sait plaire toujours. « Ne vous amusez plus à m'écrire de si belles lettres, dit-il à une amie; quand elles ne viennent que de votre esprit, elles ne vont pas à mon cœur. » A une demoiselle il envoie ce billet impudent : « Enfin, j'ay levé vostre jupe de dessous hier, chez le marchand. Je pense que j'ay bien fait, car, de l'hu-

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