‹ Poésies de m. de MontreuilChapitre 13 sur 32 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

meur dont je vous connois, je ne juge pas que vous me la laissiez lever jamais dansvostre chambre. Je ne vous demande point ce que vostre estoffe vous a coûté : il suffit que je n'aie plus rien à vous. Plût à Dieu fût-il aussi vrai de dire que vous n'avez plus rien à moi ! » — Ne citerons-nous pas encore cette fin de lettre à une dame? Elle est d'un tour charmant. Il veut faire une déclaration; il n'ose, et conclut ainsi : « Je me sens déjà pour vous une amitié si forte qu'entre elle et de l'amour il n'y a que cette feuille de papier, encore est-ce du papier qui boit. » — Sur la fin de sa correspondance, notre galant devient hautain; il a tant croqué de cœurs dans sa vie qu'il fait le difficile. « A vingt ans, écrit-il, je me contentois d'estre le maistre d'un cœur; à vingt-cinq, j'ay voulu m'en faire le roy; aujourd'huy, j'en suis devenu le tyran. » C'est encore dans ses lettres que le poëte se révèle Bibliophile ; il nous apprend qu'il possédait plus de six cents volumes, que Michon (un relieur bien inconnu aujourd'hui) lui a reliés en maroquin noir et rouge.

Montreuil, à Paris, se lia avec la meilleure société. Il ne fit que passer à l'hôtel Rambouillet, mais assez gracieusement pour devenir l'ami de la marquise de Sévigné ' ; son frère, l'académicien, lui fit connaître

i . On trouve dans ses Œuvres plusieurs lettres charmantes à Mme de Sévigné.

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