XXII PREFACE
Nous avons cependant à déplorer la perte d'une partie des manuscrits de Montreuil. Il avait entrepris de commenter le Cyrus de M1Ie de Scudéry, et nous eussions été curieux de juger de ses qualités incon testables pour développer la quintessence métaphysique de ce lourd et interminable roman. D'un autre côté, nous trouvons dans les Nouvelles œuvres de René le Pays une lettre de Grenoble adressée à l'abbé de Montreuil sur sa guérison (à la date du 14 juillet 167 1). Dans cette épître, l'auteur d'Amitiés, Amours, Amourettes, exprime douloureusement ses regrets sur la perte des papiers et poésies de Montreuil, jetés au feu dans un accès de fièvre et de dévotion. Ce fait, peu connu, nous donne à penser que le charmant poëte avait peut-être fait autre chose que des madrigaux adorables; mais, hélas! si les manuscrits restent, les cendres ne parlent pas, et nous ne saurons probablement jamais le nom seulement des chefs-d'œuvre que ce père barbare anéantit dans son délire.
Pélisson, Moréri et d'autres savants biographes or thographient le nom de notre poëte : De Montereul. C'est une erreur : il est peu d'exemples, au XVIIe siècle, où un nom propre ne subisse quelque variante; mais le plus sûr est de se fier au titre même des œuvres, surtout lorsque ces œuvres ont été publiées sous les yeux et par les soins de leur auteur. La première édition des Œuvres de Mathieu de Montreuil parut à