XX PRÉFACE
lorsque celui-ci fut nommé archevêque à Aix, et, grâce à la protection de ce prélat, il obtint, vers 1690, le greffe de l'Université '.
Daniel de Cosnac ne nomme pas une fois Montreuil dans ses Mémoires. Cela est curieux et étrange à la fois, car ces Mémoires, bien rédigés et nourris d'intéressants récits, auraient pu nous révéler sur Montreuil quelques circonstances de la fin de sa vie, qui pour nous est assez obscure.
Richelet place la mort de Montreuil en 1682; Ladvocat, dans son Dictionnaire historique, dit qu'il mourut en 1 691, et Moréri veut qu'il soit mort à Valence en 1692; la Biographie universelle de Michaud donne l'année 1692, à Valence. La question pourrait donc être fort indécise si le registre de la paroisse de Saint- Sauveur, à Aix (année 1691, f° 5o), ne nous fournissait l'extrait suivant : « L'an 1691, et le vingt et unième du mois d'aoust, a été enseveli dans cette église Saint-Sauveur M. Mathieu de Montreuil, mort
1. Une lettre de Mme de Sévigné, à la date du 1 3 novembre 1689, prouve que Montreuil se trouvait déjà à Aix cette même année. M. de Calvy, juge de Grasse, fit à cette époque le mauvais quatrain suivant :
Mathieu de Montreuil, par Boileau tant vanté, Dont la prose et les vers charmoient toute la France; Mathieu de Montreuil est en Provence, Greffier de l'Université...
V. Us Rues d'Aix , par Roux Alphéran , in-8°, 1846, t. Ier, p. 284, et De Haitze, Histoire d'Aix, ms., liv. XXIV, § 27.
le même jour, âgé d'environ quatre-vingts ans, natif de la ville de Paris. Présents, etc. »
La plupart des œuvres de l'abbé Mathieu de Montreuil se trouvent dans les recueils de Sercy et de Barbin. Boileau ' s'en moque agréablement dans sa septième satire, lorsqu'il s'écrie :
On ne voit point mes vers, à l'envi de Montreuil, Grossir impunément les feuillets d'un recueil.
Cette épigramme vise évidemment Mathieu, et non ses frères; mais nous sommes persuadé que le plus grand nombre des pièces que l'on trouve dans les Parnasses de 1645 à 1 665, et qui portent la signature De Montreuil, ne sont pas de l'abbé. Tous les Montreuil étaient poètes, même l'Ursuline, dont nous avons vu quelques vers assez bons, entre autres un sonnet [Recueil de Sercy). Il est donc assuré que dans l'édition qu'il a donnée de ses oeuvres Mathieu de Montreuil n'a recueilli que celles qui lui appartiennent en propre, laissant ses frères au chaos desRecuei/s de toute sorte, où nous nous sommes bien gardé de prendre la moindre pièce qui ne fût pas consignée dans les éditions de l'abbé.
1 . Il est curieux de lire une note de Brossette sur les rapports de Montreuil et de Boileau, qui furent toujours excellents. Despréaux estimait infiniment son confrère et lui adressait un exemplaire de chacun de ses ouvrages.