‹ Poésies de m. de MontreuilChapitre 30 sur 32 · POÉSIES INÉDITES · texte numérisé non relu

POÉSIES INÉDITES

Mais, puisqu'il faut céder à la nécessité, Consolons-nous, ma sœur, en cette adversité, Et souffrons sans regret ces impuissantes fiâmes.

Que si quelqu'un, un jour, nous reproche nos feux, Nous lui dirons qu Amour, en embrasant nos âmes, Treuva manque d'un trait pour l'une de nous deux.

STANCES

Sur la Mort d'Amarante*

Màistres de l'Univers de qui nous tenons i'estre} Et dont les volontés forment les lois du sort, Qui nous voyez mourir et qui nous voyez naistre, Sans avoir eu naissance et sans craindre la mort} Grands Dieux! ayez peur à cette heure... Puisqu' Amarante est morte, il faut bien que tout meure.

Ses beautés, ses bontés, n'av oient point eu d'exemple; Vos foudres sont moins craints que n'estait son courroux: On luy faisoit des vaux, on luy dressoit des Temples,

POESIES INEDITES

Elle estoit adorée aussi bien comme vous; Mais elle n'est plus à cette heure, Et fait voir par sa mort qu'il faut bien que tout meure.

Je vis donc sans ma vie, et je nourris dans l'âme Une amour sans espoir, un feu sans aliment; Mon Soleil est esteint dont l'amoureuse flâmc Devoit pour mon bonheur luire éternellement.

Ne différons plus à cette heure :

Puisqu' A murante est morte, il est temps que je meure.

Notre travail d'Annotateur sera ici bien aisé; nous ne prétendons pas surcharger de notes des impromptus charmants et des poésies fugitives qui contiennent un sens qu'on ne saurait accentuer. Il nous importe également peu, d'ailleurs, de suivre l'Abbé de Montreuil dans ses amours et de soulever le masque des Iris et des Philis auxquelles sont adressés tant de jolis vers. Les œuvres de notre bel esprit possèdent au plus haut degré cette finesse, cette subtilité de pensée, cette facilité d'exécution qui les distinguent des autres poésies de cette époque ; ses pointes et ses équivoques s'expliquent naturellement, et nous ne ferons courir sur ce mince canevas poétique qu'une légère suite d'annotations plutôt bibliographiques qu'anecdotiques. Disons cependant ici, pour n'y plus revenir, que la plupart de ses Épitres sont adressées à la Sénéchale de Rennes ou à des personnes de cette même famille de Beaucé.

Page 3 . — - Remonstrance à une jeune Damoiselle.

Ces stances ont été publiées par Campenon dans le Recueil de lettres choisies de Voiture, Balzac, Pélisson, de Montreuil et Boursault. z vol. in-12. Paris, 1806 et 1807, t. II, p. 11.

Page 9. — Stances, durant la Guerre civile. — Insérées dans le Recueil de Campenon , t. II, p. 27, et dans le Recueil de Sercy, i653, t. I, p. 1 83.

Page 12. — Stances. — - Cette pièce porte sur l'édition de 1671, en sous-titre : A Madame ***, pour feu M. le marquis de Molac.

Page 19. — Stances.

Je ne l'eusse pas crû , mais je m'en aperçois.

Cette pièce a été insérée dans le recueil publié par Campenon , t. II, p. 3 2.

Page 3 2. — Épistre à Philis. — Cette lettre figure au Recueil de Sercy, t. II, p. 60, avec le sous-titre : Sylves.

Page 38. — Stances.

Que ma visite m'est cruelle...

Le Recueil de Sercy, t. I, p. 164, donne ces stances sans signature, avec le sous-titre : Sylves. Cette pièce n'en appartient pas moins à Montreuil, et a été insérée dans toutes les éditions de ses œuvres.

Page 47. — Stances.

C'est un Amant, ouvrez la porte.

Dans les Poésies diverses attribuées à Molière ou pouvant lui être attribuées, recueillies et publiées par P. L. Jacob, bibliophile (Paris, Lemerre, 1869, p. 49), M. Paul Lacroix nous donne la note suivante au sujet de ces Stances galantes :

« Nous croyons pouvoir affirmer que ces vers charmants, pleins de sentiment, de grâce et de délicatesse, sont de Molière, quoiqu'ils n'aient été publiés qu'avec son initiale. On les trouve pour la première fois en tète de trois feuillets sans pagination , au commencement du recueil intitulé : les Plaisirs de la Poésie galante, gaillarde et amoureuse (S. 1. ni d., publié vers 1664,

in- 12). Les mêmes stances ont été réimprimées à la fin d'un autre recueil intitulé : Maximes et Loix d'amour, Lettres, Billets doux et galants, Poésies (Paris, 1669, in- 12). Les éditeurs des Poésies de J. de Montreuil (M. de Montreuil) ont réuni pour former leur recueil toutes les pièces publiées avec les initiales M. ou D. M., quoique beaucoup de ces pièces ne fussent pas de cet auteur. »

M. Paul Lacroix ne se fait aucun scrupule d'attribuer ces stances à Molière. Elles sont certes assez jolies pour être dignes de l'auteur du Misanthrope ; mais le savant Bibliophile nous semble oublier que la première édition des Poésies de Montreuil où cette pièce se trouve a été donnée sous les yeux mêmes de leur auteur, et il est absolument impossible que Mathieu de Montreuil ait consenti à se parer des plumes du paon. Molière est assez riche de son propre fonds, et nous rendons à Montreuil ce qui est à Montreuil. Ces stances figurent dans les Poètes français, publiés par Crépet, t. II.

Page 5 2. — Epistre à Madame la Sénéchale de Rennes.

Le Recueil de Sercy donne cette lettre avec le post-scriptum suivant (t. III, p. 148) :

« Ce seroit incivil de mettre dans la lettre d'une grande dame comme vous ces recommandations aux deux petites demoiselles qui se font adorer dans votre maison... Si j'osois, pourtant, je leur baiserois bien la main. J'ai cela de commun avec beaucoup d'autres. »

Page 70. — Madrigal.

Pourquoy me demandez'vous tant...

Montreuil n'avait que dix- huit ans lorsqu'il composa ce madrigal, qui fut traduit en italien par Ménage. Richelet l'a recueilli dans son Recueil des plus belles épigrammes depuis Marot jusqu'à nos jours. Paris, 1698, 2 vol. in-12, t. I, p. 208. — Il figure également dans le Recueil de Barbin , 1692, t. IV, p. 290.

Page 70. — Autre madrigal.

Je suis, pour vous servir, plus propre qu'on ne croit :

Assez jeune pour être aimable, Et vieux assez pour être adroit.

Nous trouvons cette variante dans Sercy et dans différents recueils :

Je suis tout tel qu'il faut pour un amant parfait, Assez jeune pour estre aimable, Assez vieux pour estre secret.

Page 72. — Madrigal pour la Marquise de Sévigné.

Voyez, au sujet de ce madrigal célèbre, inséré dans tous les recueils, Lettres de Mme de Sêvigné (passim); — Mémoires touchant la vie et les écrits de Mme de Sévigné, par le baron Walckenaer, 1845, t. I, p. 49-51; — Les Amoureux de Mme de Sévigné , par Hippolyte Babou, 1862, in-12.

Page 75. — Madrigal.

Après avoir lu dans Clélie.

Le Recueil de Sercy (t. V, p. 143) donne ce madrigal avec le sous-titre : Pour la marquise de Mar... C'est en effet à Mme la marquise de Martel que ce madrigal est adressé. Dans une lettre à cette dame, Montreuil fait allusion à l'envoi d'un volume de la Clélie, et termine par ces mots : « Le meilleur roman qui ait esté fait de mémoire d'homme ne peut pas estre si beau que Clélie. »

Richelet, dans son Recueil des plus belles épigrammes, a inséré ce madrigal, t. I, p. 201 .

Page 80. — Madrigal.

Vivons le plus que nous pourrons.

Ce madrigal , imité de Catulle, est imprimé dans le Recueil de Sercy, t. II, p. 259. Il est signé Montereil.

Page 82. — Madrigal.

Si selon le mérite on donnoit récompense. . . Ce souhait est adressé à M. Pomponne de Bellièvre, premier

président du Parlement de Paris, qui fut très-lié avec les frères de Montreuil. Il est inséré au Recueil de Sercy, t. I, p. 65, dans les plus belles épigrammes de Richelet, t. I, p. 288, et dans le Recueil de Barbin, t. IV, p. 3o3.

Page 85. — Madrigal fait à La Haye pour Madame de Slavata.

Mme de Slavata, célèbre par sa beauté, était la petite-fille du fameux comte hollandais Henri de Bréderode, qui lutta avec les d'Egmont et les de Horn.

Page 90. — Madrigal.

Si je pais si souvent chercher vostre voisine...

Dans le Recueil de Sercy, t. III, p. 14, nous trouvons cette variante aux troisième et quatrième vers :

Son Phcebus de mary n'a rien que d'ennuyeux ; Son ridicule esprit, son prétendu mérite.

Page 92. — Madrigal.

J'en demeure d'accord, tout le monde se loue...

D'après la correspondance de Montreuil , nous croyons que ces vers sont adressés à MmB de la Fodrière.

Page 98. — Madrigal.

J'ay pris vostre éventail, Madame...

Ce charmant quatrain a été reproduit dans toutes les histoires de la poésie ou de la littérature. Il est signé D. M. dans le Recueil de Sercy, t. I, p. 209.

Page 101. — Madrigal : le Jour des Morts.

Le Recueil de Sercy, 1. 1, p. 270, donne ce madrigal avec ce sous-titre : Pour M. la S. D. R. (La Sénéchale de Rennes), qui se portait mal le jour des Morts.

Page 102. — Madrigal à une Fille de seize ans.

Dans les Lettres choisies, publiées par Campenon , nous trouvons cette légère variante au premier vers :

Je n'ay jusqu'à présent servi que des Coquettes.

Page 106. — Sonnet.

Chez vous je n'ay jamais esté...

La pointe finale de ce sonnet : Vous estes belle à faire peur, a été citée par Saumaise dans le Dictionnaire des Précieuses et est restée dans le langage maniéré. — Voyez l'édition du Dictionnaire des Précieuses publié par Ch. L. Livet, t. II, p. 3o5. Au vers dixième, nous remarquons cette variante :

Déjà ma raison s'en repent ;

Page 108. — Sonnet.

Olympe est en repos, je vis dans le martyre.

L'édition de 1671 porte en sous-titre : Pour une fille enjouée commençant à avoir les pâles couleurs.

Pages 1 1 5 et 116. — Rondeaux.

Nous avons trouvé dans le Recueil de Sercy quelques autres rondeaux signés D. M. ou De Montreuil. Comme ils ne figurent dans aucune des éditions de notre poète, nous avons cru, par prudence, devoir les laisser dans leur recueil. Sans doute, ils sont de l'un des frères de Montreuil, sans quoi les éditeurs de la première édition se seraient empressés de s'en emparer.

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