‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 2)Chapitre 10 sur 86 · LE SOMMEIL DE JULIEN · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DE JULIEN

ETAIT l'hiver^ et la nature entière Portait son deuil, et redpublait le mien; Je regagnais à pas lcnt3 nia chaumière , Les yeux fixés sur cell,e.de Julien.

Un voile noir s'étendit sur la plaine :

Un triste écho fit aboyer mon chien ; Le vent soufflait et sa plaintive haleine Disait aux bois : Julien ! pauvre Julien !

Sur mon chemin je vis la lune errante :

Qu'elle était sombre en parcourant le sien !

Je contemplai cette clarté mourante^ Moins triste^ hélas ! que les yeuK de Julien»

Je m'endormis, de tant d'objets lassée^ Le ciel s'ouvrit^... et je n'entendis rien :

Mais tout-à-coup la cloche balancée Me réveilla^ sans réveiller Julien.

Quand j'abordai sa sœur silencieuse , Sa main me dit : a U repose^ il est bien ! »

Je voulus voir... Une larme pieuse M'apprit le nom du sommeil de Julien.

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