‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 2)Chapitre 37 sur 86 · L'ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

L'ÉTRANGÈRE

H ! que le monde est difficile ! Hélas ! il n'est pas &it poiur moi.

Ma sœur, en ton obscur asyle^ J'étais plus heureuse avec toi.

On m'appelle ici l'étrangère j C'est le nom de qui n'a point d'or.

Si je ris 7 je suis trop légère ; Si je rêve... on en parle encor.

Si je mêle à ma chevelure

i36 ROMANCES.

La fleur <|lie j'aimais dans nos bois^ Je suis^^dit-ob ^ dans ma parure^ Timide et coquette à la fois ^ Puis-je ne pas la trouver belle?

Le printemps en a fait mon bien :

Pour me parer je n'avais qu'elle j On l'effeuille , et je n'ai plus rien.

Je sors de cet âge paisible , Où l'on joue avec le malhietir :

Je m'éveille^ je suis sensible^ Et je l'apprends par la douleur.

Un seul être à moi s'intérease ^ Il n'a rien dit^ mais je le voi ^ Et je vois même ^ à sa tristesse , Qu'il est étranger comme moi.

Âh ! si son regard plein de charmes

Recèle un doux i-ayon d'espoir, Quelle main es su! ra les tannes Qui m'empêchent de l'entrevoir 7 Soumise au monde qui m'observe , Je dois mourir, jamais pleurer ; Et je n'use qu'avec réserve Du triste espoir de soupirer !

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