C'EST MOI
I ta marche attristée S'égare au fond d'un bois ^ Dans la feuille agitée Reconnais^tuma voix?
Bit dans la fontaine argentée y Crois-tu me voir quand tu te vois ?
Qu'une rose s'effeuille^ En roulant sur tes pas ,
ï()4 ROMANCES.
Si ta pitié la cueille , Dis ! ne me plains-tu pas?
Et de ton sein, qui la recueille^ Mon nom s'exhale-t-il tout bas?
Qu'un léger bruit t'éveille^ T'annonce-t-il mes vœux?
Et sida jeune abeille Passe devant tes yeux^
N'entends-tu rien à ton oreille?
N'entends tu pas ce que je veux?
La feuille frénfissanie, L'eau qui parle en courant^ La rose languissante, Qui te cherche en mourant ;
Prends-y garde, o ma vie absente!
C'est moi qui t'appelle en pleurant.
tJN MOMENT.
N moment suffira pour payer une année ; I« regret plus long-temps ne peut nourrir mon sort. Quoi! Tamour n'a*t-Upas une heure fortunée Pour celle dont^ peut-être^ il avance la mort? Une heure, une heure^ Amour! une heure sans alarmes , Avec lui^ loin du monde; après ce long tourment^ |. Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes; - ^ Et si c'est trop d'une heure... un moment! un moment !
Vois-tu ces fleurs^ Amour? c'est lui. qui les envoie,
i66 ROMANCES.
Brûlantes de son souffle^ humides de ses pleurs; l^che-les sur mon sein par un rayon de joie , Et que je vive assez pour lui rendre ses fleurs. Une heure^ une heure^ Amour! une heure sans alain Avec lui^ loin du monde ^ après ce long tourment^ Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes^ Et si c'est trop d'une heure... un moment I un morne
Rends-moi le son chéri de cette voix fidèle : Il m'aime^ il souffre^ il meurt ^ et tu peux le guérir I Que je ^ente sa main, que je dise : c'est elle i Qu'il me dise : je mem*8 ! Alors, fais-moi mourir. Une heure, une heure, Amour! une heure sans aiam Avec lui, loin du monde; après ce long tourment, Laisse encor se mêler nos regards et nos lamies ; Et si c'est trop d'une heure... un moment! un momé