L'ORPHELINE
» seigneur, d'aimable figure, liant d'esprit et brillant de parure , iges tout-puissans sur la simplicité , "lut séduire une jeune beauté, appui dans le monde, elle était orpheline ,
Et se nommait Pauline, ^line , hélas! a perdu le repos, vifs regards, de séduisans propos iublent la paix de cette ame ingénue ;
Elle aime enfin y et son heure est venue.
Pour un ingrat devait-elle sonner?
Mais^ pour craindre cette heure, il faut la deviner;
EtTOrpheline, en sa première flamme ,
Rêve l'amour aussi pur que son ame.
Six mois ainsi coulent rapidemenf.
Tout est bonheur, ivresse, enchantement.
Un villageois, qui soupirait pour «lie.
Renferme alors sa tendresse fidèle; Edmond ne la suit plus, et cache à tous les yeu^
Son humble hommage et ses timides vœux.
Sans le vouloir , Pauline a su lui plaire ;
Edmond n'a pu que l'aimer et se taire.
L'amour modeste est souvent méconnu ;
Pour ëblouir il est trop ingénu.
Sans s'occuper d'un amant qu'elle ignore ,
Pauline est tout à celui qu'elle adore ;
Elle ne voit encor dans l'avenir
DIVERSES. m5
e le moment où l'ingrat doit venir ; f respectant le séducteur qu'elle aime^ :>ît n'adorer que la sagesse même, nsîve et seule ^ elle y rêvait un soir :
ins sa cabane il entre avec l'espoir, imour^ la nuit*^ la crainte , le silence^ >\it est d'accord pour perdre l'innocence, is yeux baissés ^ d'un air naïf et doux , pleure en voyant son seigneur à genoux, ant tout bas de ses tendres alarmes , peine il voit sa pâleur et ses larmes, ms deviner qu'on lui vole un plaisir y auline y hélas ! en eut le repentir.
2 lendemain^ dans sa simple demeure y vec l'Amour elle attendit en vain \ Ue attendit en cor le lendemain , aois entier, chaque jour, à toute heure!
ar le remords lentement déchiré,
D'un sombre enniii sou cœur est dévoré.
Elle ofire à Dieu cet amour qui l'opprime:
Puisqu'il fait tant de mal ^ il faut qu'il soit un crime.
Mais^ ne vivant que par le souvenir, Le passé la poursuit jusque dans l'avenir *
Plus de sommeil ; Pauline en vaiu l'appelle ^
Pour le malheur il est sourd et rebelle.
Plus de vertu j plus d'amis^ plus d'amant ;
Tout est perdu par l'erreur d'un moment.
C'est la fleur du vallon sur sa tige abattue
Parle frimas qui l'effeuille et la tue.
C'était l'hiver : la saison de l'Amour Semblait avoir disparu sans retour.
Assise^ un soir^ au bord de sa chaumière, Pleurant sa honte et fuyant la lumière j Un bruit soudain fait tressaillir son cœur ; Un char léger ramène son vainqueur
parlé c*est la voix qu'elle adore :
est lui ! dit-elle^ il vient ^ il m'aime encore! »
s un regard fait tout évanouir ;
tpoir s'enfuit... Pauline va mourir.
y c'est l'ingrat qu'elle attend et qu'elle aime.
s peignez-vous son désespoir extrême !
est pas seul. Il entraîne^ à son tour,
bjet nouveau de son volage amour.
ette vue y immobile et glacée,
cœur saisi d'une affreuse pensée ,
iline au ciel jette un cri douloureux,
nbe à genoux et détourne les yeux.
Froid du soir circule dans ses veines )
me s'engourdit dans l'oubli de ses peines;
Tenant par degrés le sommeil pour la mort,
ibrassantla terre, elle pleure et s'endort.
u, qui la plaint, l'enveloppe d'un songe ;
iiS POESIES
Et la pitié descend sur l'aile du mensonge.
Elle croit voir un Ange protecteur
La ranimer doucement sur son cœur,
Presser sa main ^ l'observer en silence^
Les yeux mouillés des pleurs de l'indulgence.
tt Dieu vous a donc envoyé près de mioi,
« Lui dit Pauline^ et vous suivez sa loi ?
« Si la vertu vient essuyer mes larmes ^
« Parlez ! sa voix aura pour moi des charmés.
« Voyez mon sort , voyez mon repentir! »
On lui répond par un profond soupir.
Son œil mourant s'entr'ouvre à la luuiière...
L'Ange est Edmond à genoux, sur la pierre^
Qui, plein d'effroi , soutient, d'un bras treml>l ^^^
Ce corps glacé qu'il réchauffe en pleurant.
« Ne craignez rien, dit l'amant jeune et sage ;
« Sans défiance appuyez-vous sur moi ;
« Notre cabane est au bout du village;
Un cri plaintif vient d'y porter l'effroi.
Ma mèreattead, venez prèa de ma mère; Vous lui direz le sujet de vos pleurs; Ma mère est bonne , elte plaint vos doulen lyez sa fille, et moi.. .je serai votre frère. — Hélas 1 dit-elle, avec même douceur.
Soyez mon frère , et sauvez votre sœur. »