‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 2)Chapitre 67 sur 86 · IMITATION LIBRE DE GOUDELIN · texte numérisé non relu

IMITATION LIBRE DE GOUDELIN

01 qui reçus par artifice

Et le mouvement et la voix ; [uand l'Heure vient frapper sur ton frêle édifice •es momens qu'elle accorde et reprend à la fois ; •onfidente du Temps , ô toi qui toujours veilles ,

Défends à Lyris de dormir !

""rappe de sons si doux ses mignonnes oreilles ^ (ue de son cœur distrait il s'échappe un soupir !

rr.

Si son œil languissant au hasard te regarde ^ Apprends-lui qu'elle touche à la saison d'aimer. Si^ pour tromper l'Amour^ sa raison te retarde, Dis-lui que le temps vole , et qu'elle sait charmer.

Dis-lui que son nom seul^ ce doux nom que j'adore, Fait battre je ne sais quel ressort dans mon sein , Qui tombe sur mon cœur bien plus souvent encore Que ton léger marteau sur le fragile airain.

Dis-lui que de ses yeux les vives étincelles M'apprennent des secrets mille fois plus nombreux

Que toi-même tu n'en recèles ; Mais que j'ignore encor celui qui rend heureux.

Si jamais à l'Amour elle enlève une plume, Pour m'annoncer, tremblante, un premier rendez-vou: Romps alors ta lente coutume ,

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v^ance ! avance ! et reste à ce moment sr doux.

ais , pour me consoler , cette belle inhumaine

N'a jamais de loisir, u marcheras toujours pour prolonf^^er ma peine ^

Ell^ y prend du plaisir.

h ! pour toi , qu'elle admet jusqSe dans sa parure , Avec froideur, loin de te repousser , i sa main te rencontre en nouant sa ceinture j Sa main semble te caresser.

^rès d'un sein palpitant, où s'enferme une Grâce Qui te balance, et te presse et t'embrasse, Comment peux-tu demeurer, sans frémir, Où l'Amour même aurait peur de mourir ?

)ui , caché par Lyris entre deux fleurs mi-closes , ^' Amour, ivre d'amour et du parfum des roses ,

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Aurait peine^ accablé de sa félicité , A retenir son immortalité.

JEx quand son pied léger, que guide la cadence ^ T'associe^ en jouant^ au plaisir de la danse, Gomment ne sens-tu point ^ par de tendres ef%rts^

Se rompre tes ressorts ?

Insensible! Ah ! du moins apprends-moi ^ je te prie ,

Quand l'heure d'Amour sonnera^

Au doux bruit de ta sonnerie

Quand sa fierté s'endormira ;

Et quand viendra l'heure chérie,

A qui Lyris la donnera !

Le matin , dès qu'elle s'éveille , Celle qui m'asservit se^ouverne par toi.

Est-il tard , dit Lyris dont l'ame encor sommieille? Et ta réponse est pour elle une loi.

b ! loin de t'iiuiter^ si j'étais auprès d'elle^ our étouffer ton timbre importun aux Amour s^ force de baisers j'étourdirais ma belle ^ Et la nuit durerait toujours !

Je rêve. Ob ! quelle est ma faiblesse I lais vois^ en comparant ton sort avec le mien ^

Si l'enfant qui brûle et qui blesse

M'en fit un différent du tien !

Une heure pour toi n'est qu'utie heure ,

Un moment n'est rien qu'un moment ^ lais une heure , un moment, dans sa triste demeure ,

Est un siècle pour un amant.

Si Lyris était moins farouche ,

Les ans ne me seraient qu'un jour ;

Ils s'écouleraient sur sa bouche y

Et je rirais avec l'Amour.

'Ompagne de Lyris , toi que tout bas j'implore,

Si celle qui me trouble et n'aime pas encore , Pour l'un de mes rivaux oubliait sa rigueur ^ Dis-lui que sa mère l'appelle ; Fais du bruit en tombant près d'elle , Pour mieux effrayer sa pudeur.

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