IMITATION LIBRE DE GOUDELIN
01 qui reçus par artifice
Et le mouvement et la voix ; [uand l'Heure vient frapper sur ton frêle édifice •es momens qu'elle accorde et reprend à la fois ; •onfidente du Temps , ô toi qui toujours veilles ,
Défends à Lyris de dormir !
""rappe de sons si doux ses mignonnes oreilles ^ (ue de son cœur distrait il s'échappe un soupir !
rr.
Si son œil languissant au hasard te regarde ^ Apprends-lui qu'elle touche à la saison d'aimer. Si^ pour tromper l'Amour^ sa raison te retarde, Dis-lui que le temps vole , et qu'elle sait charmer.
Dis-lui que son nom seul^ ce doux nom que j'adore, Fait battre je ne sais quel ressort dans mon sein , Qui tombe sur mon cœur bien plus souvent encore Que ton léger marteau sur le fragile airain.
Dis-lui que de ses yeux les vives étincelles M'apprennent des secrets mille fois plus nombreux
Que toi-même tu n'en recèles ; Mais que j'ignore encor celui qui rend heureux.
Si jamais à l'Amour elle enlève une plume, Pour m'annoncer, tremblante, un premier rendez-vou: Romps alors ta lente coutume ,
DIVERSES. a43
v^ance ! avance ! et reste à ce moment sr doux.
ais , pour me consoler , cette belle inhumaine
N'a jamais de loisir, u marcheras toujours pour prolonf^^er ma peine ^
Ell^ y prend du plaisir.
h ! pour toi , qu'elle admet jusqSe dans sa parure , Avec froideur, loin de te repousser , i sa main te rencontre en nouant sa ceinture j Sa main semble te caresser.
^rès d'un sein palpitant, où s'enferme une Grâce Qui te balance, et te presse et t'embrasse, Comment peux-tu demeurer, sans frémir, Où l'Amour même aurait peur de mourir ?
)ui , caché par Lyris entre deux fleurs mi-closes , ^' Amour, ivre d'amour et du parfum des roses ,
a44 POÉSIES
Aurait peine^ accablé de sa félicité , A retenir son immortalité.
JEx quand son pied léger, que guide la cadence ^ T'associe^ en jouant^ au plaisir de la danse, Gomment ne sens-tu point ^ par de tendres ef%rts^
Se rompre tes ressorts ?
Insensible! Ah ! du moins apprends-moi ^ je te prie ,
Quand l'heure d'Amour sonnera^
Au doux bruit de ta sonnerie
Quand sa fierté s'endormira ;
Et quand viendra l'heure chérie,
A qui Lyris la donnera !
Le matin , dès qu'elle s'éveille , Celle qui m'asservit se^ouverne par toi.
Est-il tard , dit Lyris dont l'ame encor sommieille? Et ta réponse est pour elle une loi.
b ! loin de t'iiuiter^ si j'étais auprès d'elle^ our étouffer ton timbre importun aux Amour s^ force de baisers j'étourdirais ma belle ^ Et la nuit durerait toujours !
Je rêve. Ob ! quelle est ma faiblesse I lais vois^ en comparant ton sort avec le mien ^
Si l'enfant qui brûle et qui blesse
M'en fit un différent du tien !
Une heure pour toi n'est qu'utie heure ,
Un moment n'est rien qu'un moment ^ lais une heure , un moment, dans sa triste demeure ,
Est un siècle pour un amant.
Si Lyris était moins farouche ,
Les ans ne me seraient qu'un jour ;
Ils s'écouleraient sur sa bouche y
Et je rirais avec l'Amour.
'Ompagne de Lyris , toi que tout bas j'implore,
Si celle qui me trouble et n'aime pas encore , Pour l'un de mes rivaux oubliait sa rigueur ^ Dis-lui que sa mère l'appelle ; Fais du bruit en tombant près d'elle , Pour mieux effrayer sa pudeur.