Livre son aile auvent et sa vie aux orages
Il s'essaie ^ il retombe , il disparait enfin. Un zéphir le soulève et le prend dans son sein^ Sur un bord moins fatal le soufiEle et le dépose ^ Comme il fit de Psyché dans un jour de terreur ^ Gomme il fait de Tamour, d'un serment, d'une erreur, Et comme il ferait d'une rose.
Il est libre, il respire, il regarde les cieux. Mais quoi? sauvé tout seul il est silencieux. Un fardeau pèse en cor sur son aile blessée y Sa liberté naissante en rougit offensée.
Un collier ! vainement il est d'ambre et d'or pur ; L'opale aux rayons blancs ^ la turquoise d'azur, Vainement de la chaîne ont enrichi l'ouvrage :
Toute chaîne sent l'esclavage 5 Et d'un sérail doré les feux et ^appareil Plaisent moins aux oiseaux qu'un rayon du soleil.
n l'a vu. D'arbre en arbre un corienx ramage appelle^ se répond , s'interroge à la fois :
Tontes les voix ne font plus qu'une voix; ous ont dit : « Qu'il est beau! quel collier! quel plumage ! Est-ce une fleur qui vole? il en a les appas. » 11 est beau! je veux voir , » dit la jeune hirondelle: :>n époux doucement la punit d'un coup d'aile^ il murmurant : « Couvez! les mères n'iront pas. »
^n sansonnet hardi , perroquet sans parure ^ >it : <f S'il est mélomane , il va me recevoir^
« Il va m'en tendre , il va me voir. Du vif chardonneret je n'ai pas la figure ; Mais je le sais par cœur; je l'imite si bien , Que sa maîtresse un soir prit mon chant pour le sien. On ne sait plus des deux quel est l'écho fidèle ; Ivec lui, l'autre jour , je chantais ; mon modèle , Qui reprenait haleine et voulait respirer,
« Se tut; croyant encor s'entenidrie et s'admirer. »
« Moi j'y cours y dit Foiseau qui charme la souf£i*aiice ; « Le voyageur est triste y il faut chantei: pour lui. « Si ma voix peut encor éveiller l'espérance , « Ah ! je n'aurai jamais chante mieux qu'aujourd'hui! »
Il vole^ soncoBur bat, son aile tremblé ^ il chante ^
Plaint et fait tressaillir l'étranger qu'il enchante ,
Le plonge en des pensers profonds^ délicieux ^
L'étonné ; le ravit ^ l'égaré dans les cieux.
Par sa molle cadence il attendrit son ame;
Puis y par un trait brillant qu'il prolonge à son tour, i
11 semble de l'espoir tracer l'errante flamme ^
Et fait croire au bonheur^ même en chantant l'amour!
Mais y Dieu ! de quelle ardeur sa poitrine e»t remplie ! Que cette voix puissante est encore eunobiie,
Quels flots harmonieux en doublent la beauté^ Quand ^ par des sons plus purs ^ il peint la liberté ! Il Fa dore, il Texprime, il en ressent Tivresse. A sa joie on devine, on voit l'enchanteresse, Espoir , amante, amour, idole des humains , Charmante, comme au jour on, déployant son aile, Dieu l'offrit à la terre en sortant de ses mains , Dans le plus grand excès de son amour pour elle.
« Grâce ! dit le blessé , tu me ferais mourir.
« Laisse-moi respirer, laisse-moite connaître :
« Tu n*es donc pas esclave? Oh ! non , tu ne peux l'être ,
« Tu dois chanter libre ou périr.
« O mon ami...! pardonne et rends-moi ce nom tendre ;
« Celui qui fut esclave est pressé de l'entendre !
« Pour épancher mon ame en de si doux accens ,
« Trop de mélancolie a coulé dans mes sens.
« A peine j'ai brisé ma coquille légère ,