PRIÈRE AUX MUSES
OTRE empire a troublé mon bonheur le plus doux;
Muses , rendez-moi ce que j'aime !
L'Amour fut son maître suprême;
Il n'en a plus d'autre que vous.
Ce n'est plus pour moi qu'il délire ; U a banni mon nom de ses écrits touchans.
G Muses! loin de lui sourire^ Par pitié pour l'Amour^ n'écoutez plus ses chants !
Cette fièvre qui le dévore
i43 ÉLÉGIES.
En rêvant le transporte à vos divins concerts ;
Etf doucement pressé sur le cœur qui Tadore^ Je l'entends murmurer des vers.
Que cherche-t-il? est-ce la gloire?
Il la plaçait dans mon amour^ Les aveux d'un tendre retour Étaient sa plus douce victoire. ^
Pensive, et seule au rendez-vous , Que devient sa jeune maîtresse?
Elle est muette en sa tristesse, Quand l'ingrat chante à vos genbux.
Que sert de lui donner ma vie, S'il est heureux sans moi?
Que deviendra l'amour dans mon ame asservie.
S'il échappe à sa loi?
Cette loi si simple, si tendre, Quand je l'apprenais dans ses yeux, Ses yeux alors me la faisaient comprendre
Bien mieux qu'Ovide en ses chants amoureux !
Ah ! sans la définir notre âme la devine :
L'art n^appt*end pas le sentiment.
Il est gravé pour moi^ par une main divine , Dans le regard de mon amant!
Où donc est-il , ce regard plein d'ivresse ?
Il brûle encor, mais c'est d'une autre ardeur !
J'ai donné toute ma tendresse ) Cœur partagé peut-il payer mon cœur?
Mais si d'une brillante et trompeuse chimère
L'ambitieux est épris pour jamais \
Si vous rejetez ma prière ,
Muses ! qu'il soit heureux^ du moins ^ par vos bienfaits !
Heureux sans moi! Je fuirai son exemple 5
Trop faible j en le suivant ^ je pourrais m' égarer.
Ouvrez-lui vos trésors , ouvrez-lui votre temple; A celui de l'Amour^ seule ^ j'irai pleurer.
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Uc^Mcorité ^pe le sort me destine M'âoigne d'an waarUà irre, de tos ^Tems :
Eh bien! j'ind Fattendie an pied de la colline
Qu'il grarira par on sentier de fienrs.
Si quel^efbis la romance attristée
Peint mon ennui , le trouble de mes sens.
Inspirée au village, elle y sera chantée, Et les bergers naïfs rediront mes accens.
Adieu, Muses ! la gloire est trop peu pour mou ame ;
L'amour sera ma seule erreur;
Et^ pour la peindre en traits c^e flamme ,
Je n'ai besoin que de mon cœur.