‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 3)Chapitre 26 sur 50 · LE RUBAN · texte numérisé non relu

LE RUBAN

£TTE couleur^ autrefois adorée^ Ne doit plus être ma couleur; Elle blesse mes yeux^ elle attriste mon cœur^ En retraçant l'espoir qui m'avait égarée.

Pour un objet plus frivole que moi^ Reprenez ce lien qui n'a rien de durable ; Celui qui m'enchaîna long-temps sous votre loi

Ne me parut que trop aimable !

11 est brisé par vouS; et brisé sans retour :

Faut-il en rappeler le souvenir pénible ?

Oubliez que je fus sensible^ Je Toublirai peutrétre un jour.

Je pardonne à votre inconstance Les maux qu'elle m'a fait soufïrir; Leur excès m'en a su guérir :

C'est à votre abandon que je dois l'existence.

J*ai repris le serment d'être à vous pour toujours;

Mais mon ame un instant fut unie à la vôtre j Et^ je le sens^ jamais un autre

N'aura mes vœux^ ne fera mes beaux jours.

Ces jours consacrés à vous plaire ,

Ces vœux^ si tendres et si doux^

Et toujours inspirés par vous,

Désormais qu'en pourrai^je faire?

Aime-t-on dès qu'on veut aimer? Si je trouve un amant plus Rdèle et plus tendre ,

Mieux que vous il saura m'entendre; Mais comme vous saura-t-il me charmer?

Pourquoi feignez-vous de le croire?

Vous offensez l'amour^ en accusant mon cœur :

Ah ! cet amour eût fait ma gloire ,

S41 avait fait votre bonheur I Votre bonheur^ hélas ! sera d'être volage ; Vous séduirez encor dès qu'on vous entendra ; Vous ferez le tourment de qui vous aimera; Et de vous^ en fuyant^ j'ai gardé cette image :

« Aussi léger que prompt à s'enflammer^ « De l'amour en riant il inspire l'ivresse ; « Mais pourquoi^ quand son amour cesse ^ a Ne cesse-t-on pas de l'aimer? »

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