‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 3)Chapitre 4 sur 50 · L'ADIEU DU SOIR · texte numérisé non relu

L'ADIEU DU SOIR

MJ^

lEV ! qu'il est tard ! quelle surprise !

Le temps a fui comme un éclair; Douze foie Theure a frappé l'air , £t près de toi je suis encore assise !

£t loin de pressentir le moment du sommeil ^ Je croyais voir encore un rayon de soleil !

Se peut-il que déjà l'oiseau dorme au bocage ! Ah! pour dormir il fait si beau !

a4 IDYLLES.

Les étoiles en feu brillent dans le ruisseau y Et le ciel n'a pas un nuage \ On dirait que c'est pour l'Amour Qu'une si belle nuit a remplacé le jour !

Mais y il le faut^ regagne ta chaumière; Garde-toi d'éveiller notre chien endormi ;

Il méconnaîtrait son ami , Et de mon imprudence il instruirait ma mère.

Tu ne me réponds pas; tu détournes les yeux ! Hélas ! tu veux en vain me cacher ta tristesse : Tout ce qui manque à ta tendresse, Ne manque-t-il pas à mes vœux?

De te quitter donne-moi le courage; Écoute la raison, va-t'en. Laisse ma main !

n est minuit; tout repose au village, Et nous voilà presqu'à demain !

Écoute ! si le soir nous cause un mal extrême, Bientôt le jour saura nous réunir ,

Et le bonheur du souvenir Va >e confondre encore avec le bonheur même. . Mais, je le sens, j'ai beau compter sur ton retour, £n te disant adieu chaque soir je soupire; Ah l puissions-DOus biraitàt désapprendre à le dire l Ce mot, ce tristemot n'est pas Ëùt pour l'amour.

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