‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 3)Chapitre 42 sur 50 · L'INDISCRET · texte numérisé non relu

L'INDISCRET

AV& la paix triste et profonde Où me plooçe^ïit ce séjour , J'iga<H*^is qu'au bruit du moude Ou peut oublier TaiifiQur :

Quelle est donc cette voi^ importune et cruelle Qui déjà me déitrompe avec un ris moqueur?

Comme une flèche aiguë elle siffle autour fi'çHe, Et le trait qu'elle porte a 4éçlïirq mqw çfeur..

Au bofd dq ^^ tombe ignorée ,

Ciel ! par cette langue acérée , Faut-il qu'un nom trop cher puisse m'atteindre encor , Pour m'apprendre ( nouvelle afïreuse ! ) Que j'étais seule malheureuse, Et qu'on m'oublie ayant ma mort !

Du plus sincère amour quel châtiment terrible ! Je n'étais pas aimée !... ô confidence horrible ! Il a parlé long-temps. Mes yeux y gonflés de pleurs , Se détournaient en vain de ses lèvres légères , Dont le souffle éteignait mes erreurs les plus chères , Et dont le rire affî-eux outrageait mes malheurs. Lui n'a vu mon effroi ni ma pâleur extrême ; L'indiscret n'a point d'âme ^ il ne devine rien ^ Du bruit de sa parole il s'étourdit lui-même , Il s'écoute , il s'admire , il se répond : c'est bien ! Loin de moi... Mais sa voix ! elle me frappe encore; Son timbre me poursuit et partout il m'attend:

Sait-il que je me meurs ? Sàit-il que je Tabhorre? . ' Il révèle un secret , il parle, il est content.

Ah ! j'aurais dû crier : c'est moi.. . je l'aime.. . arrête ! Par ton Dieu ^ par ta mère et te» preaûcrs amours j Dis qu'il n'est point parjure; oikl éis-le! je sois prête A t'entendre^ à tout croire , à t'écouten toujours. Mais non, il n'a pas vu ma* main^ faible et glacée; Rassembler mes dxefeiax pour voiler mon affront^ 11 n'a pas vu la miort y par lui-même tracée, Sous le bandeau de fleurs qui tremblaient sur mon front. Aveugle ! il n'a pas vu se troubler et s'éteindre

Mon œil long-temps fermé !

truand j'ai dit: Se peut-il !... m'a voix n'a pu l'atteindre ;

Il n'a donc pas aimé?

Peut-être qu'en naissant il a perdu sa mère ^ Qu'il n'a jamais connu le baiser d'une sœur ,

3S8 £Jj£l[>lES.

Et qu'à se^proMî^fs ^^vU ,une dwne éUmw^Êie N'a jamais d'un .3Q u rire îi^Qor dé la dpuceur.

Fuifl^ dépositaire inûdèle Des secpests.impruiicits •confiés à -ta §oii Va ! qui tréflape une^aJÉtanfte ^^«Lmotas a {MÛé d'elle : Tu trahis uatiuéthaiity mats il l'est moias que toi. Sa pudeiu* ^ ses remords prenaient soi» de ma via» Lui-même il &'éiiika.dti mal quel» m» lais :

Il laissait l'espérance à tn^&n ^uie asservie ^ Il se taiaailt enûu ^ et jhtû, . .^ que je le hais \

Pour tromper tant d'aaUiOUF qu!tl efimposa de peine !

Quelle bumiiiaate pitié i. .

Mais toi^ toi qui pour lui m'inspires taatde haine,

x4h ! prends-en la moitié !

Qu'elle attache à Mies pleurs une lotkgue puissance; Qu'elle effraie à ton nom l'imprudente iimo.ceiice>

Que ton cœur s'intimide à mes cris douloureux ; Qu'il devienne sensible ^ et qu'il soit malheureux î Oui, puisses-tu brûler, etlan^^uir, et déplaire Au jeune et froid objet qui saura t'enflammer; Ou plutôt.., tremble au vœu qu'invente ma colère , Puisses-tu long-temps vivre , et ne jamais aimer!

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