‹ Poésies de Madame Desbordes-Valmore (volume 3)Chapitre 43 sur 50 · LA FÊTE · texte numérisé non relu

LA FÊTE

oiiA la douaièmefoii, hiei> «ur m^ dw^^^e^ Nuit lente 9 tu passais sans jeter de pavots; Sur mon coeur malheureux je sentais tomber l'heure ^ Et l'écho répétait Theure avec mes sanglots ; Je regardais 9 sans voir , une lampe inutile Dont les rayons brûlaient ma paupière immobile : Elle s'éteint^ disais-je : hélas! c'étaient mes pleurs , Qui d'un triste nuage entouraient ses lueurs.

Mais à travers mes pleurs et cette clarté sombre, I. 1 1

J'ai vu paraître une ombre ^ Autrefois nion idole ^ aujourd'hui mon effroi : Cette omàre était la sienne^ elle avançait vers moi. « Te voilà donc ! lui dis-je^ on m.'a désespérée : « Mon am.e était si tendre ! elle s'est égarée. « On t'a nommé trompeur, et je t'ai cru trompeur : « Tu ne les démens pas ! tu ris.. . parle y j'ai peur. « Tous ont fui^ tous vont voir je ne sais quelle fête : tt MoS je mourais. Mais parle , et mon ame s'arrête. »

L'ombre alors me repousse et m'entraîne à la fois. Oubliant ma faiblesse et ma fièvre brûlante^ Partout pour la saisir j'étends ma main tremblante : Tout est lui y iout m'appelle ; et tout a pris sa voix. J'ai couru ^ j'ai suivi des sentiers que j'ignore; Demi-nue^ insensible au soufflé de l'hiver^ J'obéissais ; m.ourante, à ce guide si cher : * Il ne m'appelait plus, j'obéissais encore.

La pluie à longs torrens inondait le chemin ;

Le vent souEBiait : « Demain ! n'attends pas à demain ! »

£t je tombe à sa porte ^ et presque évanouie^

Par l'éclat des flambeaux je m'arrête éblouie.

Des danses^ des parfums^ des voix, des chants d'amour

Kemplissaient ce séjour.

Au milieu de l'encens qui formait un nuage ^ J'ai vu d'un groupe heureux se balancer l'image; La plus belle au plus tendre abandonnait sa main : Ce tait... Tai-je rêvé ? c'était cet inhumain y Comblé de tous les dons que Famour nous envoie^ Plus qu'elle encor paré d'espérance et de joie ! Un prestige cruel m'attachait sur le seuil ;

Sous mon voile de deuil ,

J'ai murmuré comme eux le chant de l'hymen ée ;

Mais il était plus triste à mon ame étonnée

Que le cri de l'oiseau qu'on entend soupirer.

Quand, blessé, sur la rive il est près d'expirer.

Dans l'ombre ou m'enchaînait ma douleur c

Froide et silencieuse , J'ai contemplé long-lemps ma mort dan« leur bonheur i Mais les flambeaux éleiaU m'en ont caché l'horreur !

J'ai dormi, je m'éveille, et ma fièvre est calmée. Sommeil , afii-eux miroir ! ... Je reprends mon bandem. Voici l'aurore enfin ! leulement ranioiée, Je vais d'un jour encore essayer le fardeau.

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