RETOUR AUX CHAMPS
UE ce lieu me semble attristé!
Tout a changé dans la nature;
Le printemps n'a plus de verdure;
Le bocage est désenchanté !
Autrefois y l'onde fugitive Arrosait y en courant , les cailloux et les fieurs : Je ne vois qu'un roseau languissant sur la rive^
£t mes yeux se couvrent de pleurs !
Hélas ! on a changé ta course, Ruisseau, de l'inconstance oh te fkit une loi, Et je n'espère plus retrouver à ta source
Les sermens emportés par toi.
Ah ! si pour rafraîchir une ame désolée
Il suffît d'un doux souvenir, Ruisseau ! pour ranimer Therhe de la vallée,
Parfois n'y peut-tu revenir?
J'entends du vieux herger la plaintive musette; Mais qu'est devenu le troupeau?
Sous l'empire de sa houlette.
Il n'a plus même un innocent agneau.
Tout en rêvant il gravit la montagne; Il traîne avec effort son âge et son ennui :
Les moutons ont quitté la stérile campagne; Le chien est resté près de lui.
Mais que sa peine est facile et légère!
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Du bonheur qui n'est pluB il n'a point à rougir; Sans trouble^ sur un lit de mousse ou de fougère^ Quand la nuit vient ^ il peut dormir.
Que de riches pasteurs lui porteraient envie I
Combien voudraient donner les plus nombreux troupeaux,
La houlette, la bergerie,
Pour une nuit d'un doux repos.
Et moi, d'amis aussi je fus environnée; Mon avenir alors était brillant et sûr.
Vieux berger, comme toi je suis abandonnée; Le songe est dissipé ; mais le réveil est pur I
Me voici devant la chapelle Où mon cœur sans détour jura ses premiers vœux :
Déjà mon cœur n'est plus heureux.
Mais à ses vœux trahis il est encor fidèle.
J'y vins ofErir, l'autre printemps , Une ^aîche couroune , aujourd'hui dessécljée. Cette chapelle, hélas! dans les ronces cachée^ K'eit-ellc plus l'amour des simples habitans?
Seule , j'y ferai ma prière :
Mon sort, je le sais trop, me défend d'espérer; Eb bien! sans espérance, à genoux sur la pierre , J'aurai du moins la douceur de pleurer.