‹ Poésies de Madame Desbordes-ValmoreChapitre 115 sur 138 · UNE ONDINE · texte numérisé non relu

UNE ONDINE

L'onde murmure, la vague s'élève.

La sirène l'attire par ses paroles, elle le charme par ses chants.

Gœtue.

La rivière est amoureuse.

Enfant! n'y viens pas le soir; Près d'Ângèle la peureuse Va plutôt rire et l'asseoir.

Si l'eau jalouse en soupire, Ferme l'oreille à sa voix; Car elle roule un empire Doux et mortel à la fois.

Chaque soir, ses bras humides Attirent quelque imprudent Qui, sous SOS perles liquides, Vient plonger son cœur ardent :

Un miroir à la surface Sourit, trempé de fraîcheur, Le pied glisse ; l'onde efface Le sourire et le plongeur !

ri-ruus ET rAUvr.Es Fi.F.uns.

Et la vierge fiancée Pleure au pied de l'élément Qui, dans la couche glacée, Berce à jamais son amant.

Cet amant, dont sa jeune âme Croit entendre les sanglots Murmurer : « Venez, ma femme, Dormir aussi sous les flots. »

Par le doux Pater d'Angèle, Par ses yeux fervents d'amour.

Par la croix! par la chapelle Qui doit vous unir un jour, Enfant! l'onde est molle et pure; Mais elle a soif de nos pleurs, La rive ombreuse est plus sûre :

N'en dépasse pas les fleurs !

IMITATIOIN DE MOORE

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